En ce moment
 

Recours d'ONG contre l'autorisation de la bioraffinerie de La Mède

Recours d'ONG contre l'autorisation de la bioraffinerie de La Mède
Des agriculteurs bloquent avec leurs tracteurs l'accès à la bioraffinerie Total de La Mède, le 11 juin 2018BERTRAND LANGLOIS

Plusieurs associations environnementales dont Greenpeace, les Amis de la Terre et FNE ont indiqué jeudi avoir déposé un recours contre l'arrêté préfectoral autorisant l'exploitation de la bioraffinerie Total de la Mède (Bouches-du-Rhône).

Le recours a été déposé jeudi matin devant le tribunal administratif de Marseille, par les Amis de la Terre, Greenpeace, France Nature Environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Paca, selon un communiqué commun.

Les plaignants contestent l'étude d'impact de Total sur la base de laquelle l'État a le 16 mai autorisé la raffinerie, décriée pour son usage d'huile de palme importée, synonyme de déforestation.

"Total a réussi à enfumer le gouvernement avec une étude d'impact environnemental tronquée et la promesse de certifications controversées. Ce projet va accélérer la déforestation et donc les changements climatiques. Cette réalité ne peut pas être ignorée par le juge administratif", a dit Sylvain Angerand, des Amis de la Terre.

Les ONG accusent aussi l'Etat de manquements, relevant que c'est le préfet qui a autorisé à la fois le projet et rendu l'avis environnemental.

"L'Etat a voulu passer en force sur le projet scandaleux de raffinerie géante à La Mède, pour ménager les intérêts particuliers de Total, au détriment de l'Accord de Paris (sur le climat) ou de l'engagement de la France à éliminer la déforestation importée", estime Clément Sénéchal, pour Greenpeace France.

Total a lancé en 2015, en liaison avec le gouvernement d'alors, la conversion de sa raffinerie de pétrole brut, déficitaire, en bioraffinerie, préservant 450 emplois.

Le groupe a obtenu l'autorisation d'importer pour cela 300.000 tonnes d'huile de palme, au grand dam des ONG pour qui cela participe à la déforestation notamment en Malaisie et en Indonésie, et provoquant aussi la colère des agriculteurs français.

Le site doit commencer à fonctionner cet été.

Vos commentaires