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Ryder Cup: ces histoires qui ont fait naître la légende

Ryder Cup: ces histoires qui ont fait naître la légende
L'équipe européenne, victorieuse de la Ryder Cup, le 30 septembre 2012 à MedinahANDY LYONS

A part... La Ryder Cup l'est incontestablement. Née en 1927, cette compétition que le monde du golf attend avec frénésie tous les deux ans possède son lot d'histoires qui ont façonné sa légende. Retour sur cinq moments clés.

- 1927, Samuel Ryder, le "parrain"

L'idée a germé dans l'esprit de ce riche marchand de maïs de Londres, Samuel Ryder, passionné de golf. Sur les conseils de son professeur, le champion de l'époque Abe Mitchell, il accepte de parrainer une épreuve originale permettant aux meilleurs golfeurs américains et anglais, qui s'affrontent régulièrement à l'époque mais pas de manière structurée, de croiser le fer. L'idée d'établir une compétition basée sur le duel en match-play (où on joue le trou et non le score), et de créer des équipes va totalement révolutionner le golf. Samuel Ryder commande un trophée spécial en or de 14 carats pour l’occasion. La première Ryder Cup a lieu début juin 1927 sur le parcours du Worcester Country club dans la Massachusetts, nettement remportée par les Américains. Les fonds baptismaux d'une épreuve mythique sont posés, elle aura lieu tous les deux ans alternativement dans les deux pays.

- 1969, le geste de Nicklaus

Un geste, sans doute le plus beau et le plus connu de l'histoire de la Ryder Cup. Nous sommes en 1969, la Ryder Cup se déroule en Angleterre sur le parcours du Royal Birkdale. Les Etats-Unis n'ont laissé échapper que trois fois le trophée depuis sa création. Mais là, le match est serré, tendu. Les deux équipes se retrouvent à égalité le dernier jour avant la dernière partie entre Jack Nicklaus et le Britannique Tiny Jacklin. Sur le green du dernier trou, Nicklaus assure le par et doit laisser putter son adversaire, qui, s'il rate, peut faire perdre tout un pays. Mais Nicklaus, dans un geste considéré comme grandiose, relève sa balle et ne laisse pas putter Jacklin, lui offrant ainsi le match nul. Pour la première fois l'Angleterre et les Etats-Unis finissent à égalité. Un geste splendide, certes. Sauf que le règlement stipule que si les deux équipes finissent à égalité, le trophée revient à celle qui l'avait remportée lors de la précédente édition, soit les Etats-Unis.

- 1985, Ballesteros, le pionnier

En 1979, les meilleurs joueurs européens ont été autorisés à renforcer l'équipe britannique dans un souci de relancer une compétition sur-dominée par les Américains. Mais le vent va vraiment tourner côté européen en 1985 sous l'impulsion de l'Espagnol Severiano Ballesteros. Sur le parcours anglais du Belfry, les Européens, stimulés par Ballesteros, renversent les Etats-Unis. Deux ans plus tard, dans l'Ohio, l'Europe, qui compte des joueurs comme Woosnam, Olazabal, Faldo et Ballesteros) confirme et signe un doublé historique en s'imposant pour la première fois sur le sol américain. Les bases d'une confrontation équilibrée sont désormais posées.

- 1999, Brookline, Bush en guest-star

Les Américains sont revanchards. Ils viennent de perdre l'édition 1997 à Valderrama en Espagne (première Ryder Cup qui ne s'est joué ni sur le sol américain ni sur le sol britannique). Les deux premiers jours confirment que l'Europe sera dure à battre. Les Etats-Unis, chez eux sur le parcours de Brookline à Boston, sont largement menés avant le dernier jour. Mais le capitaine américain de l'époque, Ben Crenshaw, abat son joker et fait venir George W. Bush pour motiver ses troupes. Celui qui n'est pas encore président fait appel à leur fibre patriotique en leur lisant la lettre d'un soldat ayant participé au siège de Fort Alamo. "J'ai terminé avec la formule +la victoire ou la mort+, a raconté ensuite George W. Bush. Les Américains se présentent survoltés le dimanche et refont leur retard. Lors du match décisif entre Olazabal et Justin Leonard la tension est à son comble. Le climat est si tendu que lorsque l'Américain rentre un putt de 12 mètres décisif face à l'Espagnol, les autres joueurs de l'équipe américaine envahissent le green et détruisent le gazon et la ligne de putt d'Olazabal, qui ratera ensuite le sien, effaré. Un raté qui déclenchera une bronca délirante dans le public...

- 2012, le miracle de Medinah

L'un des plus beaux retournements de l'histoire. Sur le parcours de Medinah en 2012 aux Etats-Unis, la messe semble dite à l'aube du dernier jour. Les Etats-Unis mènent 10-6, et vu le pedigree des joueurs, les Européens n'ont théoriquement aucune chance. Sauf que l'improbable va se produire. Le dimanche ressemble à un cauchemar pour les Américains, presque tous battus dans leurs simples (seuls Dustin Jhonson, Zach Johnson et Jason Dufner vont remporter leur match). Le coup de grâce sera donné par l'Allemand Martin Kaymer face à Steve Stricker, en rentrant un putt de 3 mètres pour remporter le point décisif. Délire chez les Européens, et mine déconfite des Américains, pour qui Medinah reste à ce jour leur défaite la plus difficile à avaler. Olazabal dédiera cette victoire à Ballesteros, décédé un an et demi plus tôt.

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