L'emblématique PDG de Sony, Kazuo Hirai, passe le relais

L'emblématique PDG de Sony, Kazuo Hirai, passe le relais
Le président et PDG de Sony Kazuo Hirai, le 8 janvier 2018 à Las VegasDAVID MCNEW

Le fleuron de l'électronique japonais Sony a annoncé vendredi le départ de la direction exécutive de son emblématique PDG Kazuo Hirai, qui a remis le groupe sur le chemin de la croissance.

Le dirigeant de 57 ans, qui reste en tant que président du conseil d'administration, sera remplacé par l'actuel directeur financier Kenichiro Yoshida, d'un an son aîné, à compter du 1er avril.

Cette décision intervient alors que Sony s'apprête à dégager un bénéfice net record de 480 milliards de yens (3,5 milliards d'euros) en 2017/18, après de douloureuses restructurations.

"Je me suis consacré à transformer la compagnie et à améliorer sa rentabilité et je suis très fier de voir que nous allons vraisemblablement dépasser nos objectifs financiers", a déclaré M. Hirai, cité dans un communiqué, se félicitant "d'entendre de plus en plus de gens dire que Sony est de retour".

- Jeux vidéo -

Kazuo Hirai avait été nommé au poste de PDG en 2012, succédant à l'Américain Howard Stringer dans une période de défis pour le créateur du Walkman, fragilisé par la crise financière de 2008-2009 et une vive concurrence asiatique.

Entré en 1984 dans la filiale de musique de Sony, il avait été récompensé pour avoir dynamisé l'activité des jeux vidéo et avoir bien repris en mains celle des produits numériques grand public.

En tant que PDG, il a réussi à remettre sur pied la firme de 128.000 employés fondée en 1946, en s'appuyant sur le succès de la console de salon PlayStation 4 (PS4) et trois autres piliers: les capteurs d'images (composants destinés à équiper smartphones et tablettes), la musique et le cinéma.

Il a également opéré un tri drastique dans les activités, avec la cession de la division des PC "Vaio" ou des batteries rechargeables lithium-ion, et d'autres mesures de restructuration dont le resserrement des lignes de produits (TV, smartphones, appareils photo, etc...) vers le haut de gamme.

Après six années à la barre, Kazuo Hirai, souvent appelé Kaz par ses collègues, a décidé de prendre du recul, et un peu de repos, tout en gardant un oeil attentif sur les affaires, selon son entourage.

- Fidèle soutien -

Il passe la main à son bras droit Kenichiro Yoshida, qui l'a accompagné dans l'entreprise de redressement du groupe depuis fin 2013. "Il m'a soutenu (...) alors que nous relevions le défi de transformer Sony ensemble", a souligné M. Hirai, saluant son "expérience" et sa "détermination".

"C'est un changement tout à fait organisé et le marché devrait en prendre acte sans trop de remous, voire même réagir positivement", a commenté auprès de l'agence Bloomberg Kazunori Ito, analyste de Morningstar Investment Services à Tokyo. "Le redressement de Sony n'a réellement décollé que quand M. Yoshida a été nommé" au poste de directeur financier, a-t-il rappelé.

A la Bourse de Tokyo, les investisseurs ont bien accueilli ce changement de direction, l'action clôturant en hausse de 1,85% à 5.485 yens juste avant l'annonce de solides résultats financiers.

Au cours de la période d'avril à décembre, Sony a multiplié par plus de dix son bénéfice net, pour un chiffre d'affaires en hausse de 15,7%. Sur l'ensemble de l'exercice, qui s'achève fin mars, il anticipe des recettes de 8.500 milliards de yens (près de 65 milliards d'euros).

Symbole de sa renaissance, le groupe a récemment renoué avec la robotique en lançant en janvier une nouvelle version de son chien robot Aibo, dont il avait dû abandonner la production en 2006 en raison de difficultés financières.

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