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Taxes: Washington et l'UE se donnent du champ pour trouver un accord

Taxes: Washington et l'UE se donnent du champ pour trouver un accord
Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross lors d'un discours le 26 février 2018 à WashingtonMANDEL NGAN

Washington et l'Union européenne se sont donné un peu de champ mercredi dans le conflit sur les taxes américaines sur l'acier et l'aluminium en annonçant qu'ils s'efforçaient de trouver une solution "acceptable" pour les deux parties dans les plus brefs délais.

"Nous sommes convenus de lancer immédiatement un processus de discussions avec le président Trump et l'administration Trump sur les dossiers commerciaux qui nous préoccupent, incluant l'acier et l'aluminium, pour trouver une solution mutuellement acceptable aussi rapidement que possible", ont indiqué le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, et la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, dans un communiqué commun.

Donald Trump avait annoncé le 8 mars qu'il allait imposer des taxes à l'importation de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium pour protéger l'industrie américaine et garantir la sécurité nationale du pays, suscitant une vague de protestations, notamment de la part de l'UE.

Le président américain en a toutefois exempté dans un premier temps le Canada et le Mexique, partenaires des Etats-Unis au sein de l'accord nord-américain de libre-échange (Aléna). Le ministère du Commerce américain a également ouvert lundi un processus d'exemption qui peut permettre à des entreprises basées aux Etats-Unis de ne pas pâtir de ces taxes.

En principe, M. Trump avait donné un délai de 15 jours avant d'appliquer formellement sa décision qui doit expirer en fin de semaine. Mais M. Lighthizer a précisé mercredi lors d'une audition au Congrès que les pays et entreprises qui avaient engagé des négociations avec les autorités américaines pour en être exemptés bénéficieraient d'un sursis supplémentaire.

Cecilia Malmström avait fait le déplacement dans la capitale fédérale avec la volonté de faire exempter l'Union européenne "dans son ensemble". Ses entretiens ont également porté sur la surproduction chinoise pour les deux produits visés par les taxes américaines.

Elle devait regagner Bruxelles mercredi dans la soirée avant de faire rapport jeudi au Parlement européen.

Le ministre allemand de l'économie Peter Altmaier avait lui aussi fait le déplacement à Washington lundi et mardi et évoqué un possible compromis entre Américains et Européens.

Mais son homologue français, Bruno le Maire, s'est montré moins conciliant mardi alors qu'il participait à une réunion des ministres des Finances du G20 à Buenos Aires. Il a affirmé que la France exigeait une exemption des taxes américaines "sans conditions".

"Nous avons en Europe une industrie sidérurgique et nous ne voulons pas qu’elle soit fragilisée par une décision inappropriée et unilatérale", avait déclaré en conférence de presse le ministre français, sous-entendant que la France et l'Europe ne devaient pas payer les pots cassés d’un conflit entre Washington et Pékin.

- La Chine dans le collimateur -

L'Union européenne a déjà préparé une liste de produits américains qui pourraient à leur tour être visés par des taxes si celles envisagées par les Etats-Unis entraient en application, faisant courir le risque d'une guerre commerciale.

Celle-ci serait d'autant plus généralisée que Donald Trump annoncera, dès jeudi, des sanctions contre la Chine dans le domaine de la propriété intellectuelle.

"Demain, le président annoncera les mesures qu'il a décidé de prendre sur la base de l'enquête au titre de l'article 301 (...) sur la façon dont la Chine (...) dérobe les technologies américaines et la propriété intellectuelle", a indiqué à l'AFP Raj Shah, porte-parole de la Maison Blanche.

Avant même l'annonce américaine, le Premier ministre chinois Li Keqiang a exhorté Washington à "raison garder" et à ne pas agir "sous le coup de l'émotion".

"Nous avons des preuves intangibles que la Chine utilise des restrictions telles que la nécessité de coentreprises (...) pour exiger un transfert technologique d'entreprises américaines au profit d'entités chinoises", a expliqué un responsable du représentant américain au Commerce (USTR).

Ces sanctions pourraient s'accompagner de mesures contre les investissements chinois aux Etats-Unis et l'octroi de visas aux ressortissants chinois, indiquent les médias américains.

Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a affirmé à l'occasion du G20 qu'"il y a un désir général au sein du G20 de voir la Chine ouvrir ses marchés de manière à ce que nous puissions y entrer comme ils le font chez nous, dans une relation commerciale beaucoup plus équilibrée et réciproque".

La guerre commerciale "n'est pas notre objectif, mais nous n'en avons pas peur", a-t-il également affirmé.

Pékin pourrait en rétorsion viser des produits agricoles américains comme le soja, le sorghum et les porcs, en privilégiant les régions qui ont voté pour Donald Trump lors de l'élection présidentielle de 2016, un objectif que pourraient également viser d'éventuelles mesures de l'Union européenne, selon le Wall Street Journal.

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