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Wall Street, emportée par la technologie, chute à la clôture

Wall Street, emportée par la technologie, chute à la clôture
Traders sur le parquet du New York Stock Exchange le 17 janvier 2018SPENCER PLATT

Wall Street a terminé en recul mardi, les valeurs de la technologie souffrant particulièrement d'un mouvement d'inquiétude amplifié par le limogeage du chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson par Donald Trump.

Selon des résultats définitifs à la clôture, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a perdu 0,68%, ou 171,58 points, à 25.007,03 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 1,02%, ou 77,31 points, à 7.511,01 points.

L'indice élargi S&P 500 a baissé de 0,64%, ou 17,71 points, à 2.765,31 points.

Si presque tous les secteurs ont été touchés par l'accès de faiblesse de la Bourse de New York, celui des valeurs technologiques a été le plus affecté car il avait particulièrement augmenté au cours des dernières séances. L'indice le représentant au sein du S&P 500 a chuté de 1,21%.

La place financière a été ébranlée par l'annonce du limogeage de Rex Tillerson et de son remplacement par l'actuel directeur de la CIA, Mike Pompeo.

"Wall Street s'interroge sur le niveau de stabilité de l'administration américaine", a noté Sam Stovall de CFRA.

Ce départ est le dernier d'une longue liste, à laquelle le conseiller économique de la Maison Blanche Gary Cohn était déjà venu s'ajouter la semaine dernière.

"Le risque que les Républicains perdent la chambre des Représentants lors des élections de mi-mandat en novembre est de plus en plus grand", a estimé M. Stovall.

Dans ce contexte, "on observe un phénomène de rotation des valeurs technologiques vers les valeurs de repli à l'image de la santé, les services publics et l'immobilier", a-t-il commenté.

Par ailleurs, "il semble que Mike Pompeo a une approche plus protectionniste que (Rex) Tillerson, ce qui augmente les risques de batailles commerciales" entre les Etats-Unis et ses partenaires, a avancé Karl Haeling de LBBW.

La menace d'une guerre commerciale avec l'Europe et la Chine a été attisée la semaine dernière par le président américain lorsqu'il a adopté des taxes à l'importation de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium.

- 5G -

Le marché obligataire se détendait nettement mardi, le taux de rendement des bons du Trésor à 10 ans reculant vers 20H45 GMT à 2,843% contre 2,868% la veille, et celui à 30 ans baissant à 3,098% contre 3,129% lundi soir.

En début de séance, les marchés ont applaudi la publication de l'indice des prix à la consommation, en hausse de 0,2% sur un mois, soit un ralentissement marqué par rapport au mois de janvier (+0,5%).

Ce recul éloigne les perspectives de hausses brutales de taux de la banque centrale américaine (Fed).

"Les marchés peuvent dormir sur leurs deux oreilles concernant les craintes sur l'inflation", a commenté Mickey Levy de Berenberg.

Parmi les valeurs du jour, Advanced Micro Devices a avancé (+1,04% à 11,64 dollars) malgré l'information d'une société de sécurité informatique selon laquelle certains microprocesseurs du groupe présentaient de grosses failles de sécurité, alors même que le secteur est toujours aux prises avec les failles Spectre et Meltdown.

Dans le même secteur Qualcomm a chuté (-4,95% à 59,70 dollars) au lendemain du blocage par M. Trump de sa fusion avec l'entreprise basée à Singapour Broadcom (-0,62% à 261,22 dollars). Cette décision illustre les craintes que suscite la concurrence chinoise dans les télécoms, en particulier sur le marché de la 5G, l'internet mobile ultrarapide.

Cette décision met fin à la bataille que se livraient les deux groupes depuis plusieurs mois dans le cadre d'une opération qui, à 117 milliards de dollars, était attendue comme la plus importante du secteur.

General Electric a reculé (-4,44% à 14,43 dollars) après que JPMorgan a abaissé dans une note son objectif de cours à 11 dollars contre 14 dollars précédemment.

GE, citant la performance "décevante" de l'entreprise en 2017, a révélé lundi que pour la première fois en 12 ans, les dirigeants de l'entreprise, dont l'actuel PDG, John Flannery, et l'ancien, Jeff Immelt, n'avaient pas reçu de bonus.

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