Brexit: des députés britanniques inquiets pour leur sécurité

Brexit: des députés britanniques inquiets pour leur sécurité
Les drapeaux britannique et européen devant Big Ben et le Parlement à Londres, le 25 mars 2017Daniel LEAL-OLIVAS

Plus de 50 députés britanniques ont écrit à la cheffe de Scotland Yard, inquiets pour leur sécurité après des incidents survenus aux abords du Parlement sur fond de tensions liées au Brexit.

Ces parlementaires de tous bords politiques expriment leur "vive préoccupation face à la détérioration de la situation en matière de sécurité et d'ordre public à l'extérieur et autour du Parlement", dans une lettre envoyée à Cressida Dick, la patronne de Scotland Yard.

Ils pointent du doigt des individus "liés à l'extrême droite" se "livrant de plus en plus à des actes d'intimidation, potentiellement criminels, envers des députés, des journalistes, des militants".

Le président de la Chambre des communes, John Bercow, a également écrit à Mme Dick pour demander que la police agisse contre des comportements "agressifs, menaçants et intimidants" à l'égard de journalistes ou de personnalités politiques aux abords du Parlement.

La dernière victime en date est la députée du Parti conservateur Anna Soubry, favorable à un second référendum, traitée de "nazie" lundi par des manifestants pro-Brexit.

Le gouvernement a "condamné la façon inacceptable et honteuse avec laquelle Anna Soubry a été traitée", et "la Première ministre a dit que ce n'était pas comme ça que les débats devaient être conduits dans notre pays", a déclaré un porte-parole de Downing Street à l'issue d'un conseil des ministres.

Mme Soubry a décrit mardi un petit groupe de gens "errant autour de Westminster et intimidant les gens".

"La ligne avait déjà été franchie en décembre lorsque des journalistes avaient été attaqués", a raconté la députée à la chaîne ITV, reprochant à la police de ne pas intervenir.

Elle a mentionné le journaliste politique de Sky News Faisal Islam, "victime d'injures racistes par ces gens". "C'est le même groupe, tout est filmé, et la politique de la police londonienne est de l'ignorer", a dénoncé Mme Soubry.

Dans un communiqué, Scotland Yard a défendu son dispositif de sécurité sur place.

"Nous traiterons avec fermeté les actes de harcèlement et d'insultes contre quiconque si ces incidents constituent des infractions", a précisé la police.

Des policiers étaient présents mardi autour du Parlement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Interrogé par l'AFP, Harry Todd, 27 ans, militant du groupe pro-Brexit "Leave means Leave", a condamné les insultes et intimidations envers Mme Soubry, qualifiant cette attitude d'"inacceptable".

Anna Soubry a reçu de nombreux messages de soutien sur les réseaux sociaux.

En juin, la députée avait dénoncé des menaces de mort contre des députés qui devenaient, selon elle, une véritable "routine".

Le Royaume-Uni a voté en juin 2016 pour quitter l'Union européenne, à l'issue d'une campagne qui a laissé le pays profondément divisé.

Une semaine avant le référendum sur le Brexit, la députée travailliste et pro-européenne Jo Cox avait été assassiné par un sympathisant néo-nazi, un drame qui a marqué l'opinion.

La sortie du Royaume-Uni de l'UE est prévue le 29 mars et les députés britanniques doivent voter la semaine prochaine sur l'accord négocié par la Première ministre Theresa May avec Bruxelles.

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