Le mouvement anti-Vucic s'emplifie: environ 25.000 manifestants à Belgrade

Le mouvement anti-Vucic s'emplifie: environ 25.000 manifestants à Belgrade
Un manifestant utilise un sifflet pendant une manifestation à Belgrade le 22 décembre 2018 ANDREJ ISAKOVIC

Le mouvement de protestation contre le pouvoir d'Aleksandar Vucic a gagné samedi en ampleur. Environ 25.000 personnes ont défilé pour le quatrième samedi d'affilé à Belgrade contre le président serbe, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Les manifestants, dont quasiment aucun ne portait de signe d'appartenance à un parti politique, ont marché sans incident dans le centre de la capitale serbe dans une atmosphère bon enfant.

Certains scandaient "Vucic voleur" ou brandissaient des pancartes sur lesquelles il était écrit "assez des mensonges".

Beaucoup ont utilisé des sifflets, objet symbole des manifestations contre le pouvoir depuis les années 1990 et l'époque du président Slobodan Milosevic.

"C'est une manifestation citoyenne en raison de la situation dans le pays qui est depuis longtemps compliquée, voire critique, économiquement et politiquement", a déclaré à l'AFP Vladimir Tosic, un homme d'une cinquantaine d'années.

La manifestation, a-t-il dit, "a réuni des habitants normaux de Belgrade sortis exprimer leur mécontentement face à cette situation".

Aleksandar Vucic, commentant les manifestations, a déclaré cette semaine être "prêt à écouter les remarques des citoyens qui manifestent, pas celles des menteurs de l'opposition".

Ce mouvement, qui au fil des semaines a gagné en ampleur, représente la première manifestation significatives organisée contre Vucic depuis le printemps 2017 quand des milliers de jeunes Belgradois étaient descendus dans la rue après sa victoire à la présidentielle.

Ex-faucon ultranationaliste devenu un centriste proeuropéen, le président Aleksandar Vucic est souvent accusé par l'opposition de museler les médias et la société civile.

Organisé samedi par des étudiants et des personnalités, notamment des artistes, cette manifestation, comme les précédentes, ont été soutenues par un bloc d'opposition, l'Alliance pour la Serbie, une coalition hétéroclite de partis.

Le premier défilé a eu lieu le 8 décembre, à l'appel de ce bloc, après un incident dans lequel un ses leaders, Borko Stefanovic, a été battu avant une réunion politique dans le sud du pays.

Dans son dernier rapport, le Parlement européen "encourage fortement les autorités serbes" à "améliorer la situation concernant la liberté d'expression et la liberté de la presse" dans le pays.

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