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Le Parquet russe veut réagir "avec sévérité" à toute nouvelle manifestation non autorisée

Le Parquet russe veut réagir
Des manifestants affrontent les forces de l'ordre, le 27 juillet 2019 dans le centre de MoscouMaxim ZMEYEV
Russie

Le Parquet russe a appelé mardi à réagir "avec sévérité" aux manifestations non autorisées, au moment même où l'opposition négocie avec les autorités l'organisation d'un nouveau rassemblement en vue de réclamer que ses représentants puissent être candidats aux élections locales de septembre.

La justice doit "mettre un terme avec sévérité à toute action des organisateurs d'actions publiques illégitimes et non autorisées et de leurs participants", a déclaré le vice-Procureur général Alexandre Bouksman, cité par l'agence de presse Ria Novosti.

S'exprimant trois jours après la violente répression, avec environ 1.400 arrestations, d'une manifestation à Moscou, il a notamment appelé à "utiliser à ces fins l'ensemble des mesures de rétorsion" dont dispose la justice russe.

De son côté, le Procureur général Iouri Tchaïka a déclaré dans un discours devant ses collègues que "des mesures efficaces de contrôle devraient être prises pendant la préparation et le déroulement des élections", estimant qu'il est "particulièrement important que les évènements qui se sont récemment produits à Moscou ne se reproduisent pas".

Les tribunaux russes ont annoncé mardi avoir ordonné une soixantaine de détentions provisoires et condamné plus de 160 personnes à des amendes après la manifestation de samedi. Un protestataire accusé d'avoir jeté une poubelle sur un policier a été placé en détention pour deux mois dans l'attente d'un procès dans lequel il encourt jusqu'à cinq ans de prison.

L'opposition dénonce le rejet des candidatures indépendantes aux élections locales du 8 septembre, qui s'annoncent difficiles pour les candidats soutenant le pouvoir dans un contexte de grogne sociale.

Une nouvelle manifestation de l'opposition est prévue pour samedi à Moscou. Elle a été autorisée par la mairie, selon ses organisateurs, mais l'endroit proposé par les autorités, l'avenue Sakharov dans le centre-ville, est loin de plaire aux opposants.

Si l'opposition refuse de se réunir sur cette artère et choisit un autre lieu, la manifestation risque d'être officiellement considérée comme non autorisée.

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a accusé l'opposition de "préparer une nouvelle provocation" le 3 août et remercié les policiers d'avoir réprimé la manifestation de samedi dernier, au cours de laquelle ils ont, selon lui, "été obligés d'utiliser la force" et se sont comportés "de manière adéquate".

Après une autre manifestation, le 14 juillet, plusieurs figures de l'opposition ont été condamnées à de courtes peines de prison pour des infractions aux "règles des manifestations".

L'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, purge ainsi depuis la semaine dernière une peine de 30 jours de prison. Hospitalisé dimanche à la suite d'une "grave réaction allergique" avant d'être renvoyé en cellule, il n'a pas exclu d'avoir été "empoisonné".

Un autre opposant, Ilia Iachine, dont la candidature aux élections locales à Moscou a été rejetée, a été condamné lundi à 10 jours de détention, avant de voir sa peine s'alourdir de 10 jours supplémentaires mardi. L'opposition a également annoncé mardi l'arrestation d'un autre de ses représentants, Mikhaïl Svetov, par des policiers qui n'en n'ont pas expliqué la raison.

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