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Roumanie: le parquet anticorruption se dit victime d'"attaques sans précédent"

Roumanie: le parquet anticorruption se dit victime d'
La chef du parquet anticorruption de Roumanie (DNA), Laura Codruta Kovesi, lors d'une conférence de presse le 14 février 2018 à Bucarest.Daniel MIHAILESCU

Le Parquet anticorruption (DNA) de Roumanie a instruit 3.800 dossiers en 2017, soit un nombre record depuis sa création, malgré des "attaques sans précédent" de la part du pouvoir politique, a indiqué mercredi la procureure à sa tête, Laura Codruta Kovesi.

"Nous ne saurons faire le bilan du DNA en 2017 sans évoquer les défis auxquels nous avons été confrontés: les tentatives de modifier la législation et les attaques sans précédent nous visant", a déclaré Mme Kovesi à l'occasion du rapport annuel de ses services, en présence de magistrats et du chef de l'Etat Klaus Iohannis.

En revanche, aucun membre du gouvernement de gauche n'était présent, contrairement aux années précédentes.

Cette magistrate de 44 ans, l'une des figures le plus populaires de Roumanie, est visée par une procédure de destitution lancée la semaine dernière par le ministre de la Justice. Elle a toutefois obtenu mardi le soutien du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Plusieurs responsables de la coalition au pouvoir ont accusé le DNA de "fabriquer des dossiers politiques" et appelé à une "réforme en profondeur" de cette institution. Le DNA, créé en 2002 et composé d'une centaine de magistrats, est l'une des cinq institutions anti-corruption les plus efficaces de l'UE, avait conclu un rapport européen en 2014.

"Nous assistons ces derniers temps à des tentatives de manipulation visant à discréditer le DNA et à subordonner la justice. Cela est inadmissible", a lancé le président Iohannis (centre droit), qui a toujours défendu Mme Kovesi et qui aura le dernier mot sur la question de sa révocation.

Malgré ces obstacles, le DNA a envoyé devant les tribunaux en 2017 un millier de personnes, dont trois ministres, cinq députés et un sénateur, a indiqué Mme Kovesi.

"Un tiers d'entre elles étaient accusées de fraudes avec des fonds européens, destinés pour la plupart à des zones rurales pauvres", a-t-elle souligné.

Depuis leur retour au pouvoir en décembre 2016, les sociaux-démocrates, dont plusieurs élus sont visés par des enquêtes, ont tenté d'assouplir la législation anticorruption, déclenchant une vague de contestation sans précédent depuis la chute du régime communiste fin 1989.

Une réforme de la justice adoptée en décembre par le Parlement a été critiquée par la Commission européenne, dont le vice-président, Frans Timmermans, est attendu jeudi à Bucarest pour aborder ce sujet avec les principaux responsables politiques du pays.

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