Tempête de neige en Irlande: Jean-François, un Belge installé là-bas, "N'A JAMAIS VU ÇA"

Tempête de neige en Irlande: Jean-François, un Belge installé là-bas,

La tempête de neige s'est abattue jeudi en fin de journée sur l'Irlande et a soufflé toute la nuit sur l'île. Ce matin, au réveil, les Irlandais ont découvert une couche de neige s'élevant de plusieurs dizaines de centimètres et jusqu'à 1 mètre en certains endroits. "La neige arrive à ma taille et les bagnoles sont vraiment enlisées. Jamais vu ça", témoignait Jean-François ce matin, un Belge habitant en Irlande depuis une vingtaine d'années. Nous l'avons interrogé via le logiciel Skype en milieu d'après-midi. "Il y a encore de la neige bien au-dessus du niveau du bas de caisse et également sur le côté à hauteur de la moitié des roues de la voiture. C'est le cas pour tout le quartier, les gens ne peuvent pas se déplacer. En ce moment vu qu'il y a beaucoup de vent et beaucoup de neige, on recommande aux gens de rester chez eux et de faire du télétravail", racontait-il.

Disons que les gens ont tendance peut-être à "paniquer". A acheter un maximum de choses dans les magasins au cas où ils seraient bloqués pour cinq jours ou plus. Je pense que ce n'était pas nécessaire

Au contraire de la pluie, la neige n'est pas courante sur l'île verte. "C'est un pays qui est près du Gulf Stream, on a une influence maritime qui fait qu'on a quasi jamais de neige. Une fois tous les deux ou trois ans, on a à peu près 5 cm mais là quelque chose comme ça pour moi c'est du jamais vu, en 20 ans", expliquait-il. Le caractère rare de la poudre blanche a poussé les autorités et la population à adopter des mesures extrêmes. Dès hier, les transports publics étaient arrêtés et les écoles fermées. Et en début de semaines, les Irlandais avaient vidé les rayons des magasins en prévision de la tempête. "Disons que les gens ont tendance peut-être à "paniquer". A acheter un maximum de choses dans les magasins au cas où ils seraient bloqués pour cinq jours ou plus. Je pense que ce n'était pas nécessaire. Le gouvernement à demander aux gens de rester chez eux, dans la moyenne c'est ce qu'ils font. Les gens le prennent avec bonne humeur et ne prennent pas de risque ils restent chez eux", a rapporté Jean-François qui habite Mullingar, localité à 80 km de Dublin, la capitale.

Le plus dur du blizzard résultant de la combinaison de la vague de froid sibérien et de la tempête Emma venue de l'Atlantique "est maintenant passé, et les gens peuvent à nouveau sortir de chez eux, tout en restant très prudents", a twitté le ministre du Logement et de l'Aménagement Eoghan Murphy. L'aéroport de Dublin restait toutefois fermé jusqu'à samedi, et après la journée particulièrement dure de jeudi, quelque 24.000 foyers ou entreprises étaient toujours vendredi privés d'électricité.


  Mais c'est toute l'Europe qui restait sous l'emprise du froid ce vendredi, y compris dans le sud.

En Italie, le froid était bien moins sévère, avec des températures tout juste négatives, mais suffisamment inhabituel pour provoquer encore de gros problèmes de transports, avec plusieurs routes et autoroutes fermées ou bloquées en raison du verglas ou de la neige. Le temps devrait encore se dégrader jusqu'à vendredi soir dans le nord et le centre du pays, où de nombreuses écoles restaient fermées et les autorités recommandaient de ne se déplacer qu'en cas de nécessité.

En Suisse, la neige a recommencé à tomber abondamment vendredi matin, obligeant les autorités à fermer de nouveau l'aéroport de Genève "pour une durée indéterminée".

Si une partie de l'Europe centrale et des Balkans (Serbie, Croatie notamment) connaissait une amélioration, la Pologne quant à elle était toujours plongée dans un froid intense qui a fait deux morts de plus les dernières 24 heures, portant le bilan des victimes des intempéries dans le pays depuis vendredi dernier à 23 personnes.

La nuit dernière, les températures sont descendues jusqu'à -27°C dans le sud du pays, et devraient atteindre -17°C dans la journée, mais le temps devrait s'adoucir à partir du week-end. Surnommée "La Bête de l'Est" par les médias britanniques, "L'Ours de Sibérie" aux Pays-Bas, le "Canon à neige" en Suède ou le "Moscou-Paris" en France, la vague de froid a fait au moins 59 morts depuis vendredi dernier, selon un comptage des bureaux de l'AFP: 23 en Pologne, 7 en Slovaquie, 6 en République tchèque, 5 en Lituanie, 4 en France, au moins 3 en Espagne, 2 en Italie tout comme en Roumanie, en Serbie et en Slovénie, un aux Pays-Bas, en Angleterre et en Suède. Pendant que tous ces pays se débattaient avec des conditions inhabituelles pour eux, le record de froid en Europe est revenu ces derniers jours à la petite ville de Folldal, dans le centre de la Norvège, avec des jusque -42°C la nuit. Un record qui laisse les habitants de glace, tant ils sont habitués au froid extrême. "La vie suit globalement son cours", a expliqué la maire, Hilde Frankmo Tveråen, à la chaîne TV2.

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