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Un nouveau mouvement de gauche en Allemagne déjà en crise

Un nouveau mouvement de gauche en Allemagne déjà en crise
Sahra Wagenknecht, membre du parti d'extrême-gauche allemand Die Linke, lors du lancement du mouvement "Aufstehen" (Debout), à Berlin le 4 septembre 2018Tobias SCHWARZ

L'égérie de la gauche radicale allemande a annoncé dimanche qu'elle quittait la tête d'un nouveau mouvement lancé il y a seulement six mois avec l'ambition de sortir la gauche de la crise, mais qui peine à décoller.

"Nous avons besoin de réorganiser la direction" du mouvement baptisé "Aufstehen" (Debout), a déclaré Sahra Wagenknecht à l'édition dominicale du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

"Les responsables politiques issus des partis établis doivent se mettre en retrait et cela vaut aussi pour moi. Ils étaient nécessaires au début mais le moment est venu de déléguer les responsabilités" aux militants de la base, a-t-elle ajouté.

Ce retrait sonne comme un aveu d'échec pour cette femme qui compte par ailleurs parmi les dirigeants du parti allemand de la gauche radicale (Die Linke), où elle est très controversée.

Sahra Wagenknecht avait lancé en septembre, avec son époux Oskar Lafontaine, un ancien président du parti social-démocrate, son propre mouvement.

Celui-ci ambitionne à la fois de créer une union de la gauche potentiellement majoritaire dans le pays, des sociaux-démocrates, aux écologistes, jusqu'à la gauche radicale, autour de plusieurs enjeux sociaux.

Mais il suscite la controverse car Sahra Wagenknecht prône aussi un discours de fermeté sur les migrants, hétérodoxe à gauche, afin de tenter de récupérer l'électorat populaire parti à l'extrême droite.

Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) vole de succès en succès dans les élections en s'opposant frontalement à l'arrivée de plus d'un million de demandeurs d'asile dans le pays depuis 2015.

Ce positionnement de Sahra Wagenknecht, et les critiques que sa personnalité suscite, sont à l'origine de l'échec relatif de son mouvement, incapable jusqu'ici d'attirer des personnalités de premier plan des différents partis.

Il avait démarré en septembre avec 100.000 adhérents et n'en compte six mois plus tard que 170.000. Et les militants ne payent pas de cotisation, ils ont juste besoin de s'inscrire en ligne.

"Les partis auxquels nous voulions parler se sont bunkérisés", a regretté l'intéressée dans l'interview, estimant qu'ils s'enfermaient du coup dans "une impasse".

La gauche modérée (sociaux-démocrates et écologistes) gouverne au plan local et régional avec la gauche radicale. Mais une coopération est jusqu'ici exclue au plan national, en raison notamment du positionnement anti-Otan et pro-russe de Die Linke, mouvement héritier du parti communiste de RDA.

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