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Mia, 8 ans, enlevée dans les Vosges: sa mère au coeur des investigations

 
 

Elle affichait une "posture préoccupante" et voulait passer sous les "radars de la société": la mère de Mia, 8 ans, enlevée mardi par trois hommes dans les Vosges, est au coeur du "travail de fourmi" des enquêteurs pour retrouver l'enfant et ses ravisseurs, qui avaient minutieusement préparé ce rapt.

Résidant à Epinal, "la mère voulait vivre en marge de la société" et avait demandé à scolariser sa fille à domicile ce qui lui avait été refusé, a expliqué le procureur de la République d'Epinal Nicolas Heitz devant la presse.

Soigneusement planifié, l'enlèvement, a-t-il précisé, a été opéré sans violence physique, les ravisseurs se faisant passer pour des représentants de la protection de l'enfance afin de mettre en confiance la grand-mère maternelle de l'enfant, désignée tiers de confiance par le juge des enfants et qui l'accueillait depuis quelques semaines.

Alors qu'un troisième homme restait au volant du véhicule, un transporter Volkswagen gris, "deux hommes ont sonné chez la grand-mère, se présentant comme des professionnels de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse), plus exactement du STEMO (service territorial éducatif de milieu ouvert), munis de papiers en tête du ministère de la Justice", a relaté le procureur.

Ils ont expliqué "vouloir faire une visite inopinée du logement et conduire l'enfant pour un rendez-vous au sein de ce STEMO pour qu'elle y rencontre sa mère".

Prise d'une "mauvaise intuition", la grand-mère a ensuite appelé ce service pour vérifier et ainsi découvert qu'elle avait été trompée. Elle a alors appelé la gendarmerie.

"Rejet de la vie en société"

La mère, Lola Montemaggi, 28 ans, avait "adopté devant le juge des enfants, le 11 janvier, une posture préoccupante", se disant "malade, ne pas souhaiter que l'on s'immisce dans sa vie ni dans celle de sa fille en arguant une position de rejet de la vie en société", a ajouté Nicolas Heitz. Elle n'avait répondu à aucune convocation judiciaire depuis lors et tenu des "propos suicidaires" devant Mia.

Fin décembre, Lola Montemaggi avait dit avoir "pour projet de partir en camping-car avec sa fille dans le but de passer, je la cite, +en dessous des radars de la société+", a complété le procureur.

La procédure Alerte enlèvement avait été déclenchée mardi à 21H pour tenter de retrouver Mia Montemaggi. La petite fille brune avait été enlevée vers 11H30 à Les Poulières (Vosges).

Cette alerte a été levée trois heures plus tard comme le prévoit la procédure. Mais le procureur d'Epinal a souligné mercredi que la petite fille était toujours recherchée et potentiellement en danger, invitant donc à continuer de diffuser sa photo.

Elle pourrait être accompagnée de sa mère qui "n'avait pas le droit de la voir seule, mais seulement en présence d'un tiers, deux fois par mois", a souligné Nicolas Heitz.

"Nous sommes tous collectivement inquiets, nous espérons que l'enquête permettra rapidement" de retrouver l'enfant, a-t-il insisté, appelant toute personne ayant des informations à appeler le 0 800 36 32 68.

Cheveux bruns et boucles d'oreille

L'enquête, ouverte pour "enlèvement de mineur de moins de 15 ans", a été confiée à la section de recherche de Nancy et à la brigade de recherche de Saint-Dié. Selon la gendarmerie, 90 enquêteurs sont mobilisés pour retrouver Mia.

Après le déclenchement du plan Alerte enlèvement, trente signalements sont parvenus dans la nuit et ont fait l'objet de vérifications systématiques de la part des enquêteurs, a indiqué Nicolas Heitz, qui a également expliqué que l'appartement de la mère avait fait l'objet d'une "perquisition minutieuse". Il n'a toutefois pas souhaité donner davantage d'éléments sur "le travail de fourmi" des enquêteurs.

Au moment de son enlèvement, Mia, qui mesure 1,30m et a des cheveux longs bruns avec une frange, portait "de petites boucles d'oreilles en or avec un dessin rouge" et était "habillée d'un pantalon noir, d'un t-shirt, d'un gilet gris zippé avec des points dorés, d'une doudoune blanche avec des pois noirs et doublure en fourrure blanche", a rappelé le procureur.

S'ils ne libèrent pas l'enfant volontairement, les ravisseurs encourent une peine de trente ans de réclusion criminelle.

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