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Elections départementales en France: le FN aux portes de la Belgique

Elections départementales en France: le FN aux portes de la Belgique
Front National

La droite est sortie largement en tête du premier tour des départementales, alors que la gauche divisée est en passe de perdre dimanche prochain une trentaine de conseils généraux et que le FN, à plus de 25%, est qualifié dans plus d'un canton sur deux. C'est principalement dans les cantons limitrophes de la Belgique, dans le Nord et la Lorraine, que le Front National a percé.

Si le résultat du PS, à un peu plus de 21% selon une totalisation partielle du ministère de l'Intérieur, est largement au-dessus de son score des européennes de 2014 (14%), sa désunion avec le Front de gauche et les écologistes risque de priver la gauche d'un grand nombre de sièges et de présidences départementales, alors que celle-ci détenait 61 départements. L'institut Opinionway a publié des projections tablant sur 71 départements "probablement à droite", 19 "probablement à gauche" et 3 "sans majorité" (Pas-de-Calais, Vaucluse, Seine-Maritime) à l'issue du second tour dimanche prochain.

Dans 43 départements, le FN arrive en tête. C'est le cas dans la plupart des cantons limitrophes de la Belgique, notamment dans le Nord et en Lorraine (seule exception: les Ardennes). Dans l'Aisne (département du fameux "Marly Gaumont" de Kamini) il est même ultra dominant et pourrait emporter tout le département au second tour.

Outre ses bastions du sud-est ou du nord/nord-est, il termine premier jusque dans les Côtes d'Armor (19%), où gauche et droite étaient divisées. Surtout, après 8 élus dès le premier tour, il sera présent au second dans près de 1.100 cantons sur environ 1.900 encore à pourvoir.


Le Nord perdu par la gauche

Pour le PS de François Hollande -dont le fief corrézien reste menacé de basculer à droite- s'annonce un nouveau et sérieux coup de semonce, à deux ans de l'élection présidentielle de 2017. Ne garder qu'une vingtaine de départements correspondrait au scénario du pire redouté par l'exécutif. Symbole de ce revers, le Nord, qui compte le plus grand nombre de cantons et qui est un bastion de la gauche, est ainsi déjà perdu. "Les conditions d'un basculement massif en faveur de la droite et du centre sont réunies", s'est félicité l'ancien président Nicolas Sarkozy, tout en renouvelant sa consigne de "ni-ni" pour le deuxième tour, à savoir ni FN, ni PS dans les cantons où la droite est éliminée.

Après les municipales de 2014, la droite remporte un nouveau succès pour le premier rendez-vous électoral depuis l'accession à la présidence de l'UMP de M. Sarkozy.

La gauche sera d'ores et déjà absente dans 500 cantons au second tour, "dont une centaine que nous aurions pu remporter, en raison de la division de la gauche", a affirmé le secrétaire d'Etat Jean-Marie Le Guen. Un chiffre non confirmé à ce stade au PS.

Selon les estimations de l'institut Ipsos, les listes investies par l'UMP ont obtenu 32,5%. Les listes ayant le soutien du PS emporteraient elles 24%. Le Front de gauche est crédité de 6,5% des suffrages, tandis qu'EELV émarge à seulement 1,9%.


Les divisions coûtent cher

L'ensemble de la gauche, qui pointait à 34% au soir des européennes, a pourtant plutôt bien résisté alors que les observateurs lui prédisaient une déroute sans précédent dans la droite ligne des municipales et des européennes de 2014.

Elle réalise un score cumulé de 36,2%, contre 36,5% pour le bloc de droite, selon le dernier décompte publié vers 02H00 par le ministère. Mais ce coude-à-coude est en réalité purement théorique et ne devrait pas empêcher un revers électoral, en raison des divisions, selon les politologues.

Ainsi, tard dans la nuit de dimanche à lundi, avaient par exemple déjà été élus au premier tour 220 candidats de droite (soit 110 binômes), 56 de gauche, 8 FN et 6 divers. La presse de lundi évoque une "raclée monumentale" pour le PS et retient surtout une "vague bleue" (UMP-UDI) plus que "bleu Marine" (FN) qui a déferlé sur le premier tour.


"Chacun peut se réjouir"

Le score du Front national (25,35%, selon les derniers décomptes du ministère vers 02H00), nettement inférieur aux 30% que lui prédisaient plusieurs sondages, peut sonner comme un encouragement pour Manuel Valls. Le Premier ministre s'était pleinement engagé dans la campagne en fustigeant le parti de Marine Le Pen. "Quand on mobilise les Français, ça marche", s'est-il réjoui depuis Matignon.

Mme Le Pen a toutefois affiché sa satisfaction, saluant "l'exploit" de dépasser le score des européennes (24,86%), qui l'avait vu se revendiquer "premier parti de France". Le parti frontiste gagne près de 10 points par rapport aux cantonales de 2011. "Objectivement, chacun peut vraiment se réjouir. L'UMP parce que, clairement ils arrivent à se distinguer du Front National et arriver en première position. Le FN parce qu'il progresse par rapport aux dernières élections. Et puis le PS parce que notamment le surplus de mobilisation leur a permis de passer la barre des 20%", a souligné Jean-Daniel Lévy, directeur du département opinion chez Harris Interactive.

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