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Lutte: Koumba Larroque, le retour de la guerrière

Lutte: Koumba Larroque, le retour de la guerrière
La lutteuse française Koumba Larroque lors de la finale des -68 kg face à l'Ukrainienne Alla Cherkasova, aux Mondiaux de Budapest, le 24 octobre 2018ATTILA KISBENEDEK

Moins d'un an après une amère défaite en finale des Mondiaux, et plusieurs mois passés loin des tapis à cause d'une blessure à un genou, Koumba Larroque, la jeune pépite de la lutte française, va tenter de prendre sa revanche et décrocher un ticket pour les JO de Tokyo lors des Mondiaux au Kazakhstan qui débutent samedi.

Un scénario terrible. Ce 24 octobre 2018, à Budapest, la trajectoire ascendante de cette combattante surdouée de 21 ans, qui a tout raflé chez les jeunes, s'est brutalement cassée. Lors de la finale des -68 kg face à l'Ukrainienne Alla Cherkasova, le genou droit de Koumba lâche alors qu'elle mène au score.

L'orgueil l'empêche de quitter le tapis, mais elle ne peut empêcher l'inévitable. Une cruelle désillusion forcément pour la médaillée de bronze aux Mondiaux de Paris en 2017, promise depuis quelques années à un destin doré.

"Le fait de me blesser alors que j'étais en train de gagner, ça a été assez difficile à encaisser", reconnaît-elle. Celle qui s'est programmée pour accrocher l'or aux JO de Tokyo dans un an, et surtout à Paris dans 5 ans, connaît alors sa première longue traversée du désert pendant de longs mois. Opération, rééducation, et doutes...

- "C'était dur" -

"Mentalement, c'était dur parce que je voyais le temps passer. Je n'arrivais pas à retrouver le tapis et quand j'ai retrouvé le tapis, je n'arrivais pas à retrouver mes sensations. Donc oui c'était dur", admet-elle.

Après plusieurs mois sans fouler le tapis, la pensionnaire de l'Insep recommence fin mai-début juin à se frotter à ses partenaires d'entraînement, sous l'oeil de celui qui la suit depuis trois ans, son entraîneur Nodar Bokhashvili. Une reprise en douceur, mais avec toujours dans un coin de la tête l'échéance de ces Mondiaux au Kazakhstan, première occasion d'empocher son billet pour les JO de Tokyo.

Pour se tester, la native de l’Essonne s'est alignée sur un tournoi en Pologne il y a quelques semaines dans une catégorie au-dessus (-72kg). Résultat? Première. "Oui, mais je ne suis pas entièrement satisfaite de ce que j'ai fait. Ca ne m'a pas forcément rassuré", nuance cette perfectionniste. Son genou, qu'elle strappe avant chaque entraînement, l'enquiquine encore un peu.

"J'ai encore des douleurs, je suis rétabli au niveau du ménisque mais au niveau musculaire je manque encore de quadriceps. Avec mes entraînements mon genou gonfle, donc je me strappe", explique-t-elle. "Sans doute un peu de psychologie, ça permet de la rassurer", assure la DTN Virginie Thobor.

- D'abord un ticket pour Tokyo -

Mais elle qui d'ordinaire ne se déplace pas pour une compétition pour ne pas la gagner, esquisse des objectifs plus pragmatiques pour ces Mondiaux. "Forcément je veux d'abord me qualifier pour les JO, et après minimum une médaille au moins pour bien revenir," prévoit-elle. Une ambition rabotée que son entraîneur comprend, sans trop y croire.

"Elle n'a pas lutté pendant presque 8 mois. Ce n'est jamais facile de revenir après une blessure et elle sent qu'elle n'est pas à 100%. Mais je suis sûre et certain qu'elle ne va pas monter sur le tapis pour une médaille mais pour gagner la compétition. Moi je pense que potentiellement elle peut le faire. On ne peut pas limiter un athlète, encore moins Koumba", contrebalance Nodar.

Tous ceux qui la cotoient louent le mental hors-norme de la jeune pensionnaire de l'Insep, "son point fort" tranche son entraîneur. Une arme utile dans sa discipline, mais aussi dans cette période qu'elle vient de traverser.

En tout cas Nodar Bokhaschvili ne doute pas des capacités de son élève: "J'ai entrainé plusieurs championnes que l'on voit là (photos au mur), 3 ou 4 fois championnes du monde. Aucune de ces filles n'avaient autant de qualités que Koumba. Elle n'est pas encore trois ou quatre fois championne du monde mais elle a plus de talent que les autres". Elle a l'occasion de le montrer au Kazakhstan...

Mode d'emploi des Mondiaux-2019 de lutte:

. Catégories

Olympiques (18)

Lutte libre: -57 kg, -65 kg, -74 kg, -86 kg, -97 kg, -125 kg

Lutte gréco-romaine: -60 kg, -67 kg, -77kg, -87 kg, -97 kg, -130 kg

Lutte féminine: -50 kg, -53 kg, -57 kg, -62 kg, -68 kg, -76 kg

Non olympiques (12):

Lutte libre: -61 kg, -70 kg, -79 kg, -92 kg,

Lutte gréco-romaine: -55 kg, -63 kg, -72 kg, -82 kg

Lutte féminine: -55 kg, -59 kg, -65 kg, -72 kg

. Quotas olympiques

Pour les 18 catégories olympiques, les six premiers des Championnats du monde se qualifieront pour les JO-2020 de Tokyo.

Les recalés disposeront de deux autres possibilités pour valider le billet pour le Japon à l'été 2020: quatres tournois continentaux qui décerneront chacun deux places par catégorie, et un dernier tournoi mondial, avec également deux places par catégorie disponibles.

. Sélection française

Lutte libre: -65 kg: Ilman Mukhtarov (Besançon); -74 kg: Zelimkhan Khadjiev (Saint-Yrieix-la-Perche): -86 kg: Akhmed Aibuev (Sarreguemines)

Lutte gréco-romaine: -67 kg: Yasin Ozay (Maizière-les-Metz); -77 kg: Evril Nikoghosian (Bagnolet); -87 kg: Khalis Ghilmanou (Tourcoing); -97 kg: Mélonin Noumonvi (Bagnolet)

Lutte féminine: -50 kg: Julie Sabatie (Montauban); -57 kg: Mathilde Rivière (Bagnolet); -62 kg: Pauline Lecarpentier (Côte d'Opale); -68 kg Koumba Larroque (Bagnolet)

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