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SNCF: 200 cheminots manifestent pour le retrait de la réforme à l'appel de SUD-Rail

SNCF: 200 cheminots manifestent pour le retrait de la réforme à l'appel de SUD-Rail
Manifestation de cheminots à la gare Montparnasse, le 7 juin 2018 à ParisZakaria ABDELKAFI

Quelque 200 cheminots ont manifesté lundi à Paris à l'appel de SUD-Rail pour exiger le retrait de la réforme ferroviaire, peu avant que le projet de loi soit finalisé par une commission mixte paritaire réunissant sept sénateurs et sept députés.

Dans un concert de sifflets, chansons, slogans, pétards, et un brouillard de fumigènes, les manifestants ont défilé de l'Assemblée nationale jusqu'au Sénat derrière une banderole disant "Non à la casse du service public" et aux cris de "La vraie démocratie, elle est ici" ou "Tous ensemble, grève générale".

En raison des risques d'orages, le meeting prévu devant le Sénat à l'issue de la manifestation a été annulé, et certains cheminots de province ont renoncé à leur déplacement, a expliqué à l'AFP Fabien Dumas (SUD-Rail). Mardi, jour de grève, "sera une journée importante", baptisée "journée de la colère cheminote" par l'intersyndicale CGT, Unsa, SUD et CFDT de la SNCF qui a appelé à une mobilisation massive, a-t-il rappelé.

Parmi les manifestants, Christophe Charrier, venu de Lyon, à la SNCF depuis 2000 et agent de maintenance pour les TER, a suivi tous les épisodes de deux jours de grève "depuis le début du conflit". Avec sa femme qui "travaille à 80% dans une crèche", il a dû "puiser dans les réserves". Mais il est "prêt à tenir le temps qu'il faudra", même si "c'est très très dur" financièrement. Le dossier qu'il a déposé pour obtenir une aide de la cagnotte lancée par des intellectuels sera un coup de pouce "plutôt symbolique", souligne ce cheminot "inquiet pour le service public, les petites lignes, la sécurité" et qui craint d'être transféré "dans une entreprise privée" après l'ouverture à la concurrence.

Venue "montrer (son) soutien", Camille, 50 ans, "usagère" mêlée aux manifestants, "trouve admirable la détermination des cheminots qui tiennent depuis deux mois", alors que "c'est dur matériellement et psychologiquement". "Le train est à nous aussi, les usagers", ajoute cette intermittente du spectacle.

Un texte de compromis a été trouvé lundi par la commission mixte paritaire. Le projet de loi de la réforme ferroviaire reviendra à l'Assemblée mercredi puis au Sénat jeudi pour un vote en deuxième lecture. Vendredi, la ministre des Transports Elisabeth Borne recevra l'intersyndicale et l'UTP (l'Union des transports publics et ferroviaires, patronat) lors d'une réunion tripartite consacrée à la future convention collective nationale de la branche ferroviaire.

L'intersyndicale doit se réunir mercredi pour "déterminer une base commune" en vue de cette réunion tripartite, a précisé M. Dumas, regrettant que le gouvernement n'y assiste qu'en "observateur", comme indiqué vendredi par Mme Borne.

Les syndicats "voient cette réunion comme un début de négociation. Si Mme Borne la voit comme un rendez-vous ultime" et si elle reste "dans un coin à observer, j'ai bien peur que ça se passe très mal", a averti M. Dumas.

L'intersyndicale devrait également évoquer les éventuelles suites du mouvement "cet été". "Le noyau dur des grévistes est encore gros, y compris chez les roulants", a relevé M. Dumas, accusant le gouvernement de "jouer le pourrissement" du conflit.

"On ne se refuse pas d'appeler à la grève sur des dates en juillet et août", a prévenu Erik Meyer, porte-parole de SUD-Rail.

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