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Après l'Eurovision, la "Netta mania" s'empare d'Israël

Après l'Eurovision, la
La chanteuse israélienne Netta Barzilai lors de la finale du concours de l'Eurovision, le 12 mai 2018 à Lisbonne Francisco LEONG
ISRAEL

Des réseaux sociaux à la marche de Jérusalem en passant par le conseil des ministres: la "Netta mania" a déferlé dimanche sur Israël au lendemain de la victoire de sa chanteuse Netta Barzilai à l'Eurovision.

Le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu a mimé les battements d'aile de la poule devant les caméras avant la réunion de son cabinet, imitant la gestuelle de la jeune femme pendant sa chanson.

La chanson "Toy", inspirée par l'esprit de la campagne #MeToo, a été chantée lors de la marche de milliers d'Israéliens célébrant la prise de Jérusalem-Est par leur armée en 1967 et ce qu'ils appellent la réunification de la ville.

Dans cette "Netta mania", selon le mot du quotidien Maariv, la consécration de la jeune femme de 25 ans, inconnue avant sa qualification pour représenter Israël à la compétition, a donné lieu à une profusion d'hommages et de parodies sur la Toile.

Un post photoshoppé affuble le Premier ministre de deux "macarons", coiffure qu'arborait samedi soir l'artiste.

Un autre montage détourne au profit de Netta Barzilai les fameuses affiches "Yes We Can" ("Oui, on le peut") du candidat Barack Obama en 2008. Ce slogan célèbre est remplacé par "Yes Chicken" ("poulet"), qui en anglais sonne presque comme "Yes she can" ("oui elle le peut").

Un autre encore accoutre le président américain Donald Trump de la tenue bigarrée que Netta Barzilai portait samedi soir lors de la finale. "I'm Not Your Toy" ("Je ne suis pas ton jouet"), dit-il avec les mots de la chanson à un mollah iranien, en référence aux tensions croissantes entre l'Iran et Israël.

Israël baigne en pleine euphorie nationale à la veille de l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, concrétisant la reconnaissance par les Etats-Unis de la ville comme capitale du pays, et Netta Barzilai a ajouté à sa popularité avec les paroles prononcées quelques instants après sa victoire sur la scène de Lisbonne.

"L'an prochain à Jérusalem", a-t-elle lancé en faisant référence au fait que la compétition aurait lieu en 2019 en Israël du fait de son succès.

- Record d'audience -

Mais en adaptant à l'actualité, cette phrase récitée par les juifs du monde entier depuis plus de 2.000 ans, elle a suscité des réactions enthousiastes, y compris dans le milieu religieux qui n'a pas pour habitude de suivre l'Eurovision.

M. Netanyahu a appelé la gagnante quelques minutes après l'annonce du résultat pour lui dire de vive voix qu'elle était "la meilleure ambassadrice d'Israël".

Le chef du parti travailliste, Avi Gabbay, n'a pas été en reste et l'a félicitée pour avoir affirmé "sur la plus grande scène du monde qu'elle aimait son pays et qu'il fallait accepter les différences".

"Tu as apporté un cadeau merveilleux à Israël pour son 70e anniversaire et pour le 51e anniversaire de la réunification de Jérusalem", a écrit la ministre de la Culture Miri Regev sur Facebook.

La télévision publique a indiqué avoir battu samedi soir son record d'audience.

Des milliers de personnes ont dansé tard dans la nuit à Jérusalem et à Tel-Aviv, en réécoutant aussi les chansons des trois précédentes victoires israéliennes à l'Eurovision, en 1978, 1979 et 1998.

La chanson "Toy" a été écrite par le compositeur israélien Doron Medalie, qui avait déjà composé les chansons qui ont représenté Israël à l'Eurovision en 2015 et 2016.

Netta Barzilai, dont le retour par avion est attendu lundi matin, devrait donner un concert gratuit à Tel-Aviv dans la soirée, ont rapporté les médias.

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