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Au moins cinq morts dans de nouvelles intempéries en Tunisie

Pour la deuxième fois en un mois, des intempéries meurtrières ont frappé la Tunisie, où au moins cinq personnes ont été tuées dans les inondations qui touchent de nombreuses régions du pays et la capitale Tunis.

Outre les cinq morts dont un enfant, deux personnes sont également portées disparues, un homme de 39 ans à Kasserine (ouest), et un enfant de six ans à Zaghouan (nord-est) depuis mercredi matin, selon le dernier bilan en date de la protection civile.

Dans certaines régions, l'eau est parfois montée à près de deux mètres pendant la nuit, dévastant maisons et échoppes.

Ainsi à M'Hamdia, bourgade rurale à 15 km au sud de Tunis, des familles entières ont passé la nuit de mercredi à jeudi sur leur toit, pour échapper aux crues touchant le quartier du Khrib.

"J'ai dormi avec mes trois enfants à l'étage en construction au-dessus de ma maison, exposée au vent et à la pluie", lance une habitante. "J'ai tout perdu".

Dans ce quartier populaire où l'on s'enfonce dans la boue parfois jusqu'au genou, les résidents tentent de sortir de leurs maisons leurs maigres possessions détrempées, a constaté un photographe de l'AFP. Plusieurs voitures ont été emportées.

Ils ne cachent pas leur exaspération, déplorant des crues récurrentes ces quinze dernières années.

"C'est la troisième fois qu'il se passe cette catastrophe", rage Abdelaziz Elkahbi, un autre habitant. "Les autorités promettent de faire quelque chose, mais il ne s'est jamais rien passé".

"La question n'est pas de venir nettoyer ou de nous donner un ou deux matelas. Notre demande c'est qu'ils nous trouvent une solution définitive, une fois pour toutes", renchérit une voisine, Raouda Jlassi.

- Colère -

Entre mercredi et jeudi matin, il a plu 98 mm sur M'Hamdia et 110 mm sur la capitale Tunis, un épisode "inhabituel mais pas exceptionnel", selon l'Institut national de la météorologie tunisien (INM), qui prévoit toutefois une accalmie pour les jours à venir.

De nombreuses routes et certaines lignes ferroviaires étaient coupées jeudi, les écoles du grand Tunis et de plusieurs autres régions sont restées fermées, tandis qu'on pataugeait même dans le centre de la capitale, où les transports en commun étaient paralysés.

Deux personnes ont péri dans la région du Kef (nord-ouest), un homme de 48 ans à Grombalia (nord-est), un homme de 40 ans à Kasserine (ouest) et un enfant de six ans dans la région voisine de Sidi Bouzid (centre), a indiqué le porte-parole de la Protection civile, Moez Triaa.

Ces crues interviennent moins d'un mois après des pluies torrentielles qui avaient fait au moins cinq morts au Cap Bon (nord-est).

Les précipitations de mercredi soir ont été deux fois moindres que celles enregistrées le 22 septembre au Cap Bon, mais la situation a été aggravée par les mêmes facteurs.

La population se plaint du mauvais entretien des systèmes d'évacuation d'eau, des constructions anarchiques ou de l'obstruction des oueds pourtant cruciaux pour canaliser les fortes crues.

Dans le quartier du Khrib de M'Hamdia, construit entre deux oueds, trois des quatre buses d'évacuation prévues pour la pluie en cas d'intempéries ont ainsi été cimentées, selon les habitants par le propriétaire d'un bâtiment construit à proximité. L'eau a donc débordé dans les rues au lieu de se déverser vers des zones en théorie libres de constructions.

Quand "l'oued est sorti de son lit, il a trouvé les évacuations bouchées et cela a envahi toutes les maisons", peste Kilani Jlassi, un habitant.

Le maire de M'hamdia, qui avait fait part à la radio jeudi de son impuissance, a été pris à partie lorsqu'il s'est rendu dans le quartier.

Près de six mois après les premières élections municipales organisées depuis la chute de Zine el Abidine Ben Ali en 2011, les Tunisiens attendent beaucoup des nouveaux élus locaux, après des années de gestion ultra-centralisée et défaillante.

Ces derniers jours, des orages violents suivis d'inondations ont également fait 14 morts sur le pourtour méditerranéen français, dans le département de l'Aude.

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