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Brésil: le nouveau chef de la diplomatie veut "inverser la mondialisation"

Brésil: le nouveau chef de la diplomatie veut
Le nouveau ministre brésilien des Affaires étrangères, Ernesto Araujo, le 2 janvier 2019 à BrasiliaSergio LIMA

Le nouveau ministre brésilien des Affaires étrangères, Ernesto Araujo, a déclaré mercredi avoir l'intention de lutter pour "inverser la mondialisation" et pour "libérer la politique étrangère" du Brésil.

Le chef de la diplomatie du nouveau président d'extrême droite Jair Bolsonaro a exposé sa vision lors de son premier discours après son entrée en fonction, prononcé devant plusieurs centaines de personnes au palais d'Itamaraty, siège du ministère des Affaires étrangères à Brasilia.

"Nous allons lutter pour inverser la mondialisation et la repousser vers son point de départ", a déclaré M. Araujo.

"Pendant longtemps", a-t-il poursuivi, "le Brésil disait ce qu'il croyait devoir dire, nous voulions être le bon élève de la mondialisation et nous croyions que c'était tout. Nous étions un pays inférieur".

M. Araujo partage avec M. Bolsonaro un rejet radical des présidences de gauche de Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) et de Dilma Rousseff (2011-2016), dont le Parti des travailleurs (PT) a selon lui introduit "le marxisme culturel" dans la diplomatie brésilienne.

Le nouveau ministre a dit clairement que le gouvernement Bolsonaro serait caractérisé par une rupture par rapport à la diplomatie traditionnelle de la principale puissance d'Amérique latine, qui s'efforçait jusqu'à présent de se tenir à égale distance des grandes puissances mondiales et de favoriser la coopération Sud-Sud avec les gouvernements de gauche latino-américains.

M. Araujo a cité les gouvernements qu'il admire, qui font presque tous partie de la vague anti-mondialisation et conservatrice qui parcourt le monde: les Etats-Unis de Donald Trump, Israël, l'Italie, la Hongrie, la Pologne, et "les pays latino-américains qui se sont libérés du Forum de Sao Paulo", une conférence des partis politiques et autres organisations de gauche d'Amérique latine et des Caraïbes.

"Nous admirons ceux qui luttent contre la tyrannie au Venezuela et en d'autres lieux", a déclaré M. Araujo, 51 ans, qui partage la vision nationaliste et les valeurs conservatrices du président Bolsonaro, lequel exprime lui-même une forte hostilité aux gouvernements de gauche de Cuba et du Venezuela.

M. Araujo a appelé les Brésiliens à prêter plus d'attention aux visions des écrivains et des musiciens sur le Brésil qu'aux commentaires des médias étrangers, citant plusieurs écrivains ou poètes ainsi que le musicien Raul Seixas, pionnier du rock brésilien.

"Nous allons moins lire Foreign Affairs et lire plus Clarice Lispector ou Cecilia Meireles, nous allons moins lire le New York Times et plus José de Alencar et Gonçalves Dias, et nous allons écouter moins CNN et plus Raul Seixas", a-t-il dit.

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