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Conflit en Syrie - L'alliance kurdo-arabe veut se préparer à des pourparlers avec le régime de Damas

Russie, Syrie

(Belga) Le bras politique d'une coalition kurdo-arabe en Syrie a annoncé lundi étudier la création d'une entité pouvant représenter les territoires semi-autonomes dominés par la minorité kurde en cas de négociations avec le pouvoir de Bachar al-Assad.

Lié aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington, le Conseil démocratique syrien a entamé lundi dans la ville de Tabqa (nord) un congrès qui doit se poursuivre jusqu'à mercredi. "Un des objectifs de ce congrès est la formation d'une plate-forme pour négocier avec le régime", a indiqué un haut responsable du Conseil démocratique, Hekmat Habib. "Cette plate-forme représentera toutes les régions de l'administration autonome et les régions tenues par les FDS", a-t-il ajouté, sans plus de précisions. Le congrès rassemble 240 personnalités, des responsables des territoires semi-autonomes dominés par la communauté kurde, mais aussi des représentants de l'opposition dite "de l'intérieur", tolérée par le régime de Damas. Depuis le début en 2011 du conflit qui ravage la Syrie, la communauté kurde a grignoté une autonomie de facto sur des territoires désormais sous son contrôle dans le nord et nord-est du pays. Elle a instauré une administration semi-autonome sur ces régions, qui représentent plus de 27% du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ces territoires accueillent notamment d'importants champs pétroliers et les FDS contrôlent la ville de Raqa, arrachée en octobre 2017 aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI). Le pouvoir de Damas voit d'un mauvais oeil cette émancipation, et fin mai, le président Bachar al-Assad avait menacé de recourir à la force, sans exclure toutefois la tenue de négociations. Fort de l'appui de ses alliés indéfectibles, Iran et Russie en tête, le régime syrien a multiplié les victoires face aux rebelles et djihadistes, jusqu'à reprendre le contrôle de plus de 60% du pays. "Nous avons d'abord ouvert la voie à des négociations car la majorité des membres (des FDS) sont des Syriens. Si cela ne marche pas, nous allons libérer nos territoires par la force. Nous n'avons pas d'autre choix", avait souligné M. Assad lors d'un entretien télévisé. Peu après, le Conseil démocratique syrien avait indiqué qu'il était prêt à s'engager dans "des pourparlers sans conditions" avec le régime. (Belga)

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