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Crash d'avion en Ethiopie: le Boeing 737 Max interdit dans TOUT l'espace aérien européen

Plusieurs pays européens, dont la Belgique, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas ont fermé mardi leur ciel aux Boeing 737 MAX, emboîtant le pas à plusieurs pays d'Asie, d'Océanie et du Golfe, après deux accidents mortels en moins de six mois impliquant cette nouvelle génération d'appareils. A 20h00, c'est tout l'espace aérien européen qui a été interdit aux Boeing Max.

L'Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) a décidé mardi de fermer l'espace aérien européen aux Boeing 737 MAX 8 et 9, deux jours après le crash d'un appareil d'Ethiopian Airlines de la même famille, a-t-elle annoncé sur son site. Elle indique suspendre, à partir de 20h00, tous les vols de ces appareils, qu'ils soient à destination, au départ, ou à l'intérieur de l'Union européenne, que les opérateurs soient européens ou issus de pays tiers.

L'Agence dit prendre de cette manière "toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des passagers", après qu'un grand nombre de pays européens ont déjà interdit leurs espaces aériens aux appareils de l'avionneur américain, tandis que de nombreuses compagnies aériennes dans le monde entier les ont cloués au sol.

Avant que l'Europe ne se positionne dans son ensemble, ce sont plusieurs pays, dont la Belgique, qui ont petit à petit interdit le Boeing 737 MAX dans leur espace aérien. Cette avalanche d'interdictions de vol visant un modèle d'avion, tant par des pays que par des compagnies aériennes, est inédite dans l'histoire de l'aviation civile.


Une décision qui fait suite à deux crashs 

Un 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines s'est écrasé dimanche au sud-est d'Addis Abeba peu après le décollage, tuant les 157 passagers et membres d'équipage. Selon un témoin, Tegegn Dechasa, l'arrière de "l'avion était déjà en feu lorsqu'il s'est écrasé au sol" et l'appareil n'a laissé qu'un tas de débris. C'est un autre exemplaire de ce modèle opéré par Lion Air qui s'était abîmé en mer en Indonésie en octobre, entraînant la mort des 189 personnes à bord, là aussi quelques minutes après le décollage.


Les Etats-Unis affichent leur confiance

Face à cette cascade d'immobilisations, les Etats-Unis ont continué d'afficher leur confiance en Boeing tandis que le président Donald Trump a déploré que les avions soient devenus "trop complexes" à piloter. "Nous continuons à être impliqués dans l'enquête sur l'accident et prendrons les décisions sur les suites à donner en fonction des éléments récoltés", a indiqué une porte-parole de la FAA, l'agence fédérale de l'aviation américaine.

Jusqu'à présent, les Etats-Unis ont décidé de ne pas clouer au sol ces avions, mais veulent obliger Boeing à procéder à des modifications du 737 MAX 8 et du 737 MAX 9, une attitude qui contraste avec cette vague de défiance manifestée par le reste du monde.

"La sécurité avant tout"

Le Royaume-Uni a été le premier pays européen à suspendre les vols des Boeing 737 MAX dans son espace aérien, "par mesure de précaution" après des décisions similaires de l'Australie, de la Malaisie, de Singapour et du sultanat d'Oman. Peu après, l'Allemagne, assurant que "la sécurité passe avant tout", a pris une décision similaire.

Dans la foulée, la France a également interdit les Boeing 737 MAX dans son espace aérien. "Compte tenu des circonstances de l'accident en Éthiopie, les autorités françaises ont pris la décision, à titre conservatoire, d'interdire tout vol commercial effectué sur un Boeing 737 MAX à destination, au départ ou survolant le territoire français", a annoncé la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC).

L'Irlande a fermé son espace aérien à toutes les variantes des Boeing 737 MAX, évoquant elle aussi une "mesure de précaution". L'Autriche a fait de même, tout comme l'Italie à partir de 20H00 GMT, les Pays-Bas et la Belgique.


Un constructeur stratégique

Du côté des compagnies aériennes, Norwegian Air Shuttle, Icelandair et Turkish Airlines ont annoncé mardi la suspension des vols de leurs Boeing 737 MAX ou Boeing 737 MAX 8. Avant elle, Aerolineas Argentinas avait annoncé la "suspension temporaire de l'exploitation commerciale" de ses cinq Boeing 737 MAX 8.

Ethiopian Airlines a également immobilisé ses quatre autres Boeing 737 MAX 8, suivie de Cayman Airways (îles Caïmans), Comair (Afrique du Sud), Aeromexico (Mexique) et Gol (Brésil).

Cette nouvelle tragédie, un défi majeur pour le constructeur américain, a inquiété les investisseurs. Après avoir dévissé de plus de 5% lundi, le titre de Boeing continuait à reculer mardi. "Je pense que l'impact pour l'industrie est important. Nous avons un nouveau type d'appareil, qui n'a été en service que depuis deux ans et maintenant nous avons deux accidents dans des circonstances qui semblent similaires", a souligné Gerry Soejatman, un analyste de l'aviation de Jakarta interrogé par l'AFP.

Si les causes de cet accident ne sont pas encore connues, le crash de Lion Air en Indonésie avait braqué l'attention sur les capteurs d'incidence (AOA) dont un dysfonctionnement peut conduire l'ordinateur de bord, pensant être en décrochage, à mettre l'appareil en piqué alors qu'il faudrait au contraire le redresser.

Les 737 MAX 8 sont la locomotive des ventes et des bénéfices de Boeing. 350 exemplaires de cet avion, entré en service en mai 2017, volent actuellement.

Sur le site du crash en Ethiopie, les enquêteurs de l'Agence éthiopienne de l'aviation civile ont été rejoints par une équipe technique de Boeing et par des enquêteurs américains des autorités de l'aviation civile. Les deux boîtes noires --l'une contenant les données techniques du vol et l'autre l'enregistrement des discussions et des alarmes dans le cockpit-- ont été retrouvées lundi.

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