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Elections en RDC: une messe de Noël très politique à Kinshasa

Elections en RDC: une messe de Noël très politique à Kinshasa
L'archevêque de Kinshasa Fridolin Ambongo en la cathédrale de Notre-Dame de Kinshasa le 24 décembre 2018 MARCO LONGARI

L'archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, a perpétué la tradition de l'Eglise catholique en République démocratique du Congo en glissant dans son homélie de Noël des messages sans équivoque contre tout nouveau report des élections prévues dimanche et contre toute fraude.

"La vraie paix est une paix qui exige que les élections aient lieu à la date fixée du 30 décembre 2018", a déclaré l'archevêque devant des centaines de fidèles qui l'ont applaudi dans la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa.

"Ne pas tenir cette promesse, ce serait travailler à l'anéantissement de la paix", a-t-il ajouté sous les applaudissements.

"La paix, la vraie paix qui vient de Jésus-Christ, pour notre pays aujourd'hui, c'est aussi que les résultats puissent être publiés, puissent réellement refléter la volonté du peuple", a-t-il ajouté.

"Une publication des résultats qui ne reflèteraient pas la volonté du peuple exprimée dans les urnes, ce serait travailler à l'anéantissement de la paix dans notre pays", a poursuivi l'archevêque.

Les élections générales prévues le 30 décembre doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila, qui ne peut pas se présenter après 18 ans au pouvoir, dont deux mandats de cinq ans selon la Constitution de 2006.

Les élections ont déjà été trois fois reportées depuis la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel de M. Kabila en décembre 2016.

"J'invite chacune et chacun de vous au sens de la responsabilité et à la non-violence pour que nous puissions passer le cap du 30 décembre 2018 dans la paix et dans la vérité", a déclaré Mgr Ambongo.

"Le peuple congolais est en exil sur sa propre terre", a-t-il dit, en dénonçant les "humiliations" que subissent ses fidèles et compatriotes.

Il s'agit de la première messe de Noël de Mgr Ambongo à la tête de l'archevêché de Kinshasa où il a pris le relais du charismatique cardinal Laurent Monsengwo.

"Que les médiocres dégagent" avait lancé en tout début d'année Mgr Monsengwo après la répression de la première des trois marches catholiques demandant le départ du président Kabila (une quinzaine de morts au total).

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