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Harry et Meghan au Maroc: visite centrée sur l'éducation des jeunes femmes

Harry et Meghan au Maroc: visite centrée sur l'éducation des jeunes femmes
Le Prince Harry, duc de Sussex et Meghan, duchesse de Sussex, visitent un pensionnat pour jeunes filles dans le village d'Asni au Maroc, le 24 février 2019 FADEL SENNA

Le Prince britannique Harry et son épouse Meghan ont visité dimanche deux pensionnats pour adolescentes et un lycée dans la région montagneuse du Haut-Atlas au Maroc, avant de retourner à Rabat pour une grande réception.

Cette visite officielle au Maroc, organisée à la demande de la reine Elisabeth II --dont la dernière visite dans la région remonte à 1980-- sera le dernier déplacement à l'étranger du couple princier avant la naissance au printemps de leur premier enfant.

Un dispositif médical a été prévu pour accompagner l'ex-actrice américaine de 37 ans et près d'une centaine de journalistes ont été accrédités pour l'occasion.

A leur arrivée à Asni, située au sud de Marrakech, Harry et Meghan ont été accueillis par des chants traditionnels et des "you-you", sous les yeux d'une foule de curieux.

Asni se trouve à quelques kilomètres du lieu où deux touristes scandinaves ont été retrouvées assassinées par un groupe de jeunes radicalisés en décembre, suscitant l'émoi au Maroc et au-delà.

Pendant sa visite, Meghan Markle, rayonnante avec sa silhouette arrondie de future maman, a bénéficié d'un rituel traditionnel au henné et rencontré plusieurs jeunes élèves.

Les pensionnats gérés par l'association "Education for All" accueillent des adolescentes de 12 à 18 ans en leur offrant hébergement, nourriture et soutien scolaire.

Quelque 83% des femmes des régions rurales du Maroc sont analphabètes, selon "Education for All", qui a accompagné 185 adolescentes en 2017.

Souhaitant centrer sa visite sur l'éducation des jeunes et la condition des femmes, le couple a aussi visité le lycée d'Asni et assisté à un match de foot avant de rejoindre Rabat en avion pour participer à une réception officielle organisée par l'ambassade britannique, dans un quartier excentré de la capitale.

- Exclusion des jeunes femmes -

Avant leur arrivée dans la capitale marocaine, une petite manifestation s'est tenue dans le centre-ville à l'appel de la Confédération démocratique du Travail (CDT) qui a organisé dimanche des actions dans une vingtaine de villes pour demander des augmentations de salaire, la reprise du dialogue social et la libération des détenus arrêtés après des mouvements sociaux.

Certains médias britanniques s'étaient inquiétés pour la sécurité du couple princier après la diffusion d'images d'une manifestation d'enseignants dispersée jeudi par la police, avec plusieurs blessés.

La CDT avait appelé à une journée de grève générale jeudi, jour-anniversaire du mouvement du 20-Février, né en 2011 durant le Printemps arabe.

Lundi, le duc et la duchesse de Sussex découvriront les thérapies équestres proposées à de jeunes handicapés dans un centre de la capitale. Ils assisteront aussi à une démonstration de cuisine marocaine traditionnelle avant de rencontrer de jeunes entrepreneurs sociaux.

Le prince et son épouse pourront voir "l'impact des programmes communautaires sur la transformation du pays et sur l'évolution des attitudes vis-à-vis des femmes", a assuré l'ambassadeur britannique Thomas Reilly à la presse avant l'arrivée du couple.

En 2016, un quart des jeunes Marocains de 15 à 24 ans (1,68 million) ne travaillait pas, n'était pas scolarisé et ne suivait aucune formation. La situation des jeunes femmes est pire --44% en situation d'exclusion, selon les statistiques officielles-- surtout dans les régions rurales où le choix des mineures se réduit souvent à un mariage précoce ou à un travail sous-payé au service des familles aisées des zones urbaines.

Avec la perspective du Brexit, cette visite royale représente aussi une opportunité pour Londres qui souhaite faire du Maroc un "nouveau partenaire commercial" et tirer parti des possibilités offertes par les accords existants entre Rabat et l'Union européenne.

La Grande-Bretagne importe de nombreux produits du Maroc, même si elle reste loin derrière l'Espagne, la France ou même l'Allemagne en ce qui concerne les investissements et les échanges économiques avec le royaume marocain.

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