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L'Irak coupé du monde pendant la nuit, pas d'internet

L'Irak coupé du monde pendant la nuit, pas d'internet
Nuit du 3 novembre 2019 à Najaf-

Les autorités irakiennes ont de nouveau totalement coupé internet à Bagdad et dans le Sud gagné par la contestation dans la nuit de lundi à mardi après une journée d'affrontements dans la capitale, notamment aux abords de bâtiments officiels.

Selon l'ONG spécialisée dans la cybersécurité NetBlocks, "cette nouvelle coupure est la pire restriction sur les télécommunications imposé par le gouvernement irakien depuis le début des manifestations" le 1er octobre.

Alors que le mouvement de contestation, qui réclame "la chute du régime", semblait prendre depuis sa reprise le 24 octobre des airs de désobéissance civile pacifique, la journée de lundi a été marquée par des violences.

Elle a débuté dans le sang dans la ville sainte chiite de Kerbala, à 100 kilomètres au sud de Bagdad. Quatre manifestants y ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi alors que des protestataires tentaient d'incendier le consulat d'Iran, pays qui tire les ficelles du "régime" selon les manifestants.

Elle s'est poursuivie avec des affrontements dans le centre de Bagdad entre manifestants et forces de l'ordre tirant à balles réelles pour la première fois depuis le 24 octobre. Les heurts se sont poursuivis jusque tard dans la nuit de lundi à mardi.

Des heurts ont notamment eu lieu sur des ponts menant vers l'ambassade d'Iran, le siège du gouvernement et les ministères des Affaires étrangères et de la Justice, des manifestants jetant des pierres aux forces de l'ordre qui tiraient des grenades lacrymogènes.

Depuis qu'elle a débuté le 1er octobre, la mobilisation a été marquée par la mort d'environ 270 personnes, principalement des manifestants --selon un bilan compilé par l'AFP, les autorités ayant cessé de communiquer sur les victimes.

Du 1er au 6 octobre, 157 sont mortes officiellement, quasiment toutes des manifestants abattus par des snipers que l'Etat assure ne toujours pas pouvoir identifier.

Dès le 3 octobre, Bagdad avait coupé la connexion internet et ne l'avait rétablie que deux semaines plus tard. Le blocus sur les réseaux sociaux, imposé dès le 2 octobre, est toutefois toujours en place --mais allègrement contourné grâce à des applications VPN.

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