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Le Vatican explique le geste fort du pape avec les leaders du Soudan du sud

Le Vatican explique le geste fort du pape avec les leaders du Soudan du sud

(Belga) L'image très humble du pape, agenouillé jeudi avec une visible souffrance pour embrasser les pieds de leaders du Soudan du sud, s'explique par "le climat de pardon réciproque" de leur réunion au Vatican, a estimé vendredi le Saint-Siège sur son portail officiel.

La "retraite spirituelle" inédite de deux jours des plus hautes autorités civiles et ecclésiastiques du Soudan du Sud, dans la résidence même où loge le pape François, n'était pas "un sommet politico-diplomatique", écrit Andrea Tornielli, directeur éditorial du "ministère" pour la communication du Saint-Siège. Mais plutôt "une expérience de prière et de réflexion commune entre leaders, qui tout en ayant signé un accord de paix, ont du mal à faire en sorte qu'il soit respecté". "Vous avez commencé un processus, qu'il se termine bien. Il y aura des luttes entre vous, mais qu'elle restent dans le bureau; devant le peuple, unissez vous les mains!", avait lancé jeudi le pape argentin, après une prière commune. Juste avant de s'agenouiller devant le président de la République du Soudan du Sud, Salva Kiir Mayardit, et le chef rebelle Riek Machar, ex-ennemis sanguinaires appelés à gouverner ensemble. L'acte du pape François intervient une semaine avant que le même geste ne se répète dans les églises du monde entier en référence à la Cène de la tradition chrétienne, quand Jésus lave les pieds des apôtres et leur indique leur vocation de service, rappelle Andrea Tornielli. Plus jeune pays au monde, le Soudan du Sud, majoritairement chrétien, a obtenu son indépendance du Soudan en 2011, après 22 ans de conflit. Il avait basculé dès décembre 2013 dans la guerre civile, amorcée par la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar, pourtant anciens alliés lors du combat commun contre Khartoum. Ils ont tous deux ont signé en septembre à Addis Abeba un nouvel accord de paix prévoyant un partage du pouvoir et visant à mettre un terme à plus de cinq ans d'une guerre civile qui a fait plus de 380.000 morts et poussé plus de quatre millions d'habitants à fuir leur foyer. Le pape, qui a félicité jeudi les signataires présents, a exprimé son espoir que "les hostilités cesseront enfin et que l'armistice sera respectée", insistant particulièrement sur ce dernier point. (Belga)

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