Les chrétiens orthodoxes célèbrent Noël à Bethléem

Les chrétiens orthodoxes célèbrent Noël à Bethléem
Le Patriarche grec-orthodoxe Théophile III de Jérusalem arrive à Bethléem pour célébrer le Noël orthodoxe, le 6 janvier 2019Musa Al SHAER

Quelques centaines de chrétiens de tradition orientale ont commencé à célébrer le Noël orthodoxe à Bethléem en Cisjordanie occupée, sur fond de protestations contre l'église orthodoxe grecque, accusée notamment d'avoir vendu des terres à Israël.

Un large dispositif de sécurité encerclait la place de la Mangeoire, en face de la Basilique de la Nativité --lieu où selon la tradition chrétienne Jésus serait né-- afin d'empêcher les manifestants d'approcher la procession.

Des Palestiniens avaient manifesté l'an dernier à Bethléem, pour protester contre la vente par l'Église grecque-orthodoxe de biens fonciers à Israël.

Quelques dizaines de personnes ont crié "traître" ou "espion" à l'arrivée du Patriarche grec-orthodoxe, Théophile III de Jérusalem, qui s'est dirigé prestement vers la basilique, restant quasiment invisible de la foule, caché par les membres des forces de sécurité palestiniennes chargés de le protéger.

Les manifestants protestent contre la vente controversée de biens fonciers de l'Eglise grecque-orthodoxe à des groupes juifs oeuvrant à la judaïsation de la partie orientale de Jérusalem occupée et annexée par Israël.

La municipalité de Bethléem "a décidé de ne pas accueillir le Patriarche Théophile III", explique à l'AFP l'édile de la ville Anton Salman pour qui il incombe au Patriarche de "rester fidèle à la cause du peuple palestinien" en faisant en sorte que Jérusalem "reste dans la famille palestinienne et sur les terres palestiniennes".

Le patriarcat orthodoxe "n'a pas le droit (de vendre les terres), ces terres ne sont pas au patriarcat, elles sont palestiniennes", affirme Fadi Kheir, un chrétien orthodoxe palestinien de Bethléem, qui accuse le patriarcat de prendre des décisions discriminatoires à l'encontre des Palestiniens.

Les chrétiens de tradition orientale fêtent Noël le 7 janvier et non le 25 décembre, en raison des différences entre les calendriers julien et grégorien.

Les célébrations selon le rite occidental attirent bien plus de pèlerins du monde entier en décembre. Mais la majorité des chrétiens palestiniens pratiquent le culte oriental.

Un peu plus tôt dans la matinée, des groupes de scouts palestiniens ont défilé au son des cornemuses et cuivres, sur la place de la Mangeoire, balayée par un vent froid.

"Nous sommes venus sur la place de la Mangeoire pour célébrer Noël", confie Lissa Bsharat, qui a fait la route avec son fils de 4 ans et son mari depuis Nazareth, dans le nord d'Israël. "L'atmosphère est très belle", ajoute la jeune femme.

Un peu plus loin, un groupe de jeues femmes et hommes habillés en costume de père Noël dansent la "dabkeh", une danse traditionnelle palestinienne, un keffieh, le foulard palestinien autour du cou.

"Nous sommes venus soutenir nos frères chrétiens, leur dire que nous sommes unis dans l'occupation", explique l'une des danseuses, Nasrine Amira, 20 ans. "Nous sommes avec vous, main dans la main".

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