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Maroc: interception de 424 migrants en route vers l'Espagne

Maroc: interception de 424 migrants en route vers l'Espagne
Un bateau de la Marine marocaine patrouille au large de Tanger, au nord du Maroc, le 3 août 2015FADEL SENNA

La Marine royale marocaine a secouru dans la nuit de dimanche à lundi 424 migrants qui naviguaient à bord de plusieurs embarcations de fortune dans l'espoir de rallier l'Espagne, a-t-on appris lundi de source militaire.

Certains des migrants, "dans un état de santé dégradé", ont reçu les premiers soins à bord des bateaux des garde-côtes marocains, avant d'être ramenés dans différents ports du nord du pays, a précisé la même source à l'AFP.

La plupart de ces migrants interceptés sont originaires du sud du Sahara, et il y avait parmi eux 53 femmes et 16 mineurs, selon la même source.

Le dernier bilan de l'Organisation mondiale des migrations (IOM) sur les arrivées de migrants en Europe par la Méditerranée recense 10.475 arrivées en Espagne par voie maritime au premier semestre 2019, contre 15.075 sur la même période l'année précédente, soit une baisse d'environ 30%. Plus de 200 sont morts ou portés disparus en mer sur la même période.

Fin juillet, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a félicité le Maroc pour son "rôle de leader international en matière d'immigration" en saluant les "efforts des autorités marocaines" mais aussi ceux de l'Espagne pour obtenir des aides européennes dédiées.

"Le nombre d'entrées en +pateras+ (embarcations) a baissé pour la première fois depuis 2013", a-t-il souligné dans une tribune publiée par le journal espagnol El País.

L'an dernier, les autorités marocaines avaient stoppé quelque 89.000 "tentatives d'immigration irrégulière" dont 29.000 en mer, principalement à destination du voisin espagnol, selon les chiffres officiels.

Face au flux, l'Union européenne a débloqué l'an dernier une enveloppe de 140 millions d'euros pour soutenir les actions du Maroc contre la migration clandestine, pour la surveillance des frontières, mais aussi le démantèlement des réseaux de trafiquants et l'aide aux victimes.

Selon l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), cette migration génère un "trafic juteux": 2.000 à 5.000 euros pour la traversée d'un migrant par voie maritime.

Des associations dénoncent fréquemment des campagnes d'arrestations et de déplacements forcés de migrants vers le sud du Maroc, pour les éloigner des côtes, et leur conditions de vie dans les campements précaires.

Outre les migrants venus d'Afrique subsaharienne, les tentatives de départ de jeunes Marocains à bord d'embarcations pneumatiques se sont multipliées depuis l'an dernier.

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