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Près de Béziers, après les orages, la boue

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"Tout est parti à la dérive" : les habitants de Villeneuve-lès-Béziers réparent les dégâts et nettoient la boue laissée par les orages qui ont fait trois morts dans le sud, et de gros dégâts matériels dans cette commune de l'Hérault.

A 54 ans, Pascale est comme démunie. "La moto de mon fils, les pots, le citronnier, le tonneau en bois, tout est parti à la dérive", témoigne cette habitante d'une zone pavillonnaire. Chez elle, dans cette maison qu'elle a dû évacuer la veille avec son fils et son mari sur un zodiac des pompiers, le constat est cruel : "toutes les photos de mes enfants sont parties", dit-elle dans un sanglot.

C'est dans cette zone, autour de Béziers, que les dégâts sont les plus importants après l'épisode méditerranéen qui a balayé depuis la nuit de mardi le Golfe du Lion puis la Provence et la Corse. Les pompiers ont dû procéder à de spectaculaires hélitreuillages d'habitants en danger.

A Villeneuve-lès-Béziers, commune de moins de 5.000 âmes entre Béziers et la Méditerranée, traversée par un cours d'eau, l'Orb, et le Canal du Midi, la boue est omniprésente jeudi. Vingt-quatre heures après les orages, l'eau continue de ruisseler dans le caniveau.

La veille, la pluie a fait déborder le canal et l'eau s'est répandue dans les maisons. Toutes les portes des garages sont grandes ouvertes et les habitants sont à pied d’œuvre, sous un ciel bleu, pour nettoyer les sols et dégager les objets souillés, du matelas à la commode en passant par des jouets d'enfants.

Tuyau d’arrosage à la main, Jean-Claude nettoie l’entrée de sa maison, aidé par son fils. Ensemble, ils débarrassent les branchages qui se sont amoncelés devant chez lui. "Ma remorque est pleine, mais la déchèterie est fermée", remarque-t-il, un peu agacé. "C’est la deuxième fois que je vois ça depuis que j’habite ici. Je ne suis pas le plus impacté mais c’est fatigant".

Rails suspendus

Les riverains peuvent compter sur l'aide de Patrice, attachés aux services techniques de la mairie, qui vient aider les habitants. Pantalon de travail et grosses chaussures, il fait le point sur le nombre d’habitations dont l’électricité est encore coupée.

"Je regrette qu’Énedis (filiale d'EDF chargée de la distribution d'électricité) n’ait pas de service d’urgence capable de rassurer les habitants. Joindre un répondeur téléphonique n’est pas une solution humaine dans ce type d’événement", déplore-t-il. A côté de lui, un habitant acquiesce.

À Villeneuve-lès-Béziers, plus de la moitié des habitants ont été privés d’électricité. Environ 200 maisons ont subi des dégâts, selon le maire Jean-Paul Galonnier. Il dit parvenir "difficilement à comprendre" le débordement du Canal du midi, dont l'entretien dépend des Voies navigables de France.

À quelques centaines de mètres de ce lotissement, les voies ferrées ont été défoncées par la force de l’eau. Les rails semblent être suspendus au dessus d’un trou béant. Sur cette ligne très fréquentée au quotidien par les trains régionaux et les TGV, une dizaine de kilomètres ont été touchés, dont un kilomètre plus sévèrement.

"Sur ce kilomètre, une vingtaine de brèches ont ouvert la plateforme de la voie ferrée où la terre et le ballast sont partis", détaille Hilaire Hautem, directeur territorial adjoint pour SNCF réseau Occitanie. Jusqu’au 4 novembre, jour de la rentrée scolaire, la SNCF a suspendu toutes les lignes qui passent par cette section de voie.

"Compte tenu du volume de travail important à réaliser, reprendre la circulation début novembre reste un challenge et nous verrons dans les jours prochains si nous sommes capables de tenir cette date", précise Hilaire Hautem.

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