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Pyongyang remplace son chef de l'Etat

Pyongyang remplace son chef de l'Etat

(Belga) La Corée du Nord a remplacé son chef de l'Etat largement symbolique, qui la représente à l'étranger, par un homme sanctionné par les Etats-Unis pour abus présumés des droits humains, a rapporté vendredi la presse officielle.

Kim Yong Nam, le chef de l'Etat nord-coréen aux fonctions essentiellement honorifiques depuis près de 20 ans, a été remplacé par Choe Ryong Hae lors d'une réunion jeudi de l'Assemblée suprême du peuple, le Parlement nord-coréen, a rapporté KCNA. A 91 ans, M. Kim est l'une des personnalités nord-coréennes qui est restée le plus longtemps en fonction. Il a participé en 2018 à plusieurs événements internationaux, dont des sommets historiques avec les dirigeants américain, chinois et sud-coréen ainsi qu'aux jeux Olympiques d'hiver en Corée du Sud. Son remplaçant, considéré comme l'un des bras droits du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, est né en 1950, ce qui laisse entendre qu'il y a des changements générationnels au sommet de l'Etat nord-coréen. C'est l'un des trois dirigeants nord-coréens sanctionnés fin 2018 par Washington pour leur rôle à la tête des "départements mettant en oeuvre au nom du régime une censure d'Etat brutale, des violations des droits humains et d'autres abus en vue de réprimer et de contrôler la population". Parallèlement, Kim Yong Chol, homme de confiance de Kim Jong Un et d'autres responsables impliqués dans le sommet entre le Nord et les Etats-Unis à Hanoï fin février, ont été élus membres de la Commission des affaires d'Etat. Le ministre des Affaires étrangères Ri Yong Ho et la vice-ministre des Affaires étrangères Choe Son Hui ont également été promis à cette Commission, le premier organe de l'Etat nord-coréen. Enfin, le Premier ministre Pak Pong Ju a été remplacé par Kim Jae Ryong, haut cadre du Parti des travailleurs au pouvoir, ajoute KCNA. M. Pak est l'une des chevilles ouvrières des "réformes radicales" économiques ayant permis au Nord de survivre aux sanctions qui lui sont infligées par l'ONU en raison de ses programmes nucléaire et balistique interdits, font valoir des analystes du site NK News. KCNA a également annoncé que Kim Jong Un avait été réélu comme attendu aux fonctions de président de la Commission des affaires d'Etat. Kim Jong Un a martelé cette semaine que Pyongyang saurait résister aux sanctions, son premier commentaire officiel depuis l'échec des discussions sur la dénucléarisation à Hanoï. Il a exhorté le Parti des travailleurs à travailler encore davantage vers l'autosuffisance" pour contrecarrer les effets des sanctions. Depuis le tête à tête vietnamien, les négociations sur le nucléaire sont dans l'impasse mais le président américain Donald Trump a évoqué jeudi la possibilité d'un troisième sommet avec M. Kim en recevant à Washington le président sud-coréen Moon Jae-in, l'un des artisans du dialogue entre les deux pays. (Belga)

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