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Rudy Demotte en Haïti - Les Haïtiennes se battent pour la dépénalisation de l'avortement

Rudy Demotte en Haïti - Les Haïtiennes se battent pour la dépénalisation de l'avortement
 
 

(Belga) L'avortement constitue la troisième cause de mortalité maternelle en Haïti. Face à ce préoccupant problème de santé publique, plusieurs associations de défense des droits des femmes intensifient leur combat pour dépénaliser l'interruption volontaire de grossesse (IVG), considérée comme une véritable "injustice sociale".

Le code pénal haïtien associe l'avortement à un crime et punit aussi bien la femme que le médecin, le chirurgien, les officiers de santé ainsi que le pharmacien qui l'ont assistée. Cette illégalité n'empêche toutefois pas les Haïtiennes, particulièrement les jeunes filles, de recourir à l'avortement clandestin. "Il se pratique généralement dans des conditions déplorables, non sécurisées, sauf pour les femmes qui peuvent se permettre financièrement de se rendre dans des cliniques spécialisées", décrit Danielle Magloire de la fondation Toya. "C'est une forme d'injustice sociale." Surtout que selon les statistiques du ministère de la Santé, l'avortement représente 30% de la mortalité maternelle en Haïti. Plusieurs associations de défense des droits des femmes réclament donc l'introduction de la dépénalisation de l'IVG dans le projet de réforme du code pénal haïtien. "On évoque surtout une dépénalisation partielle pour le moment, sous conditions, en cas de viol par exemple", détaille Nadine Louis du groupement Kay Fanm (Maison des femmes). Les obstacles à cette évolution restent cependant nombreux, principalement l'opaque plafond de verre qui empêche les femmes de peser sur ce débat de société. Bien qu'elles représentent 51,8% de la population active, les Haïtiennes sont minoritaires dans la fonction publique, occupent moins de 10% des postes dans la magistrature et ne comptent que 4 élues sur la centaine de membres du Parlement, "truffé d'intégristes". "En Haïti, on considère la femme comme le leader de la maison mais dans le domaine de la gouvernance, depuis l'indépendance, les premiers rôles sont tenus par des hommes", cingle Nadine Louis. "Les femmes qui osent ne sont pas soutenues." (Belga)


 




 

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