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Trump doit dire vendredi qui est responsable du meurtre de Khashoggi

Trump doit dire vendredi qui est responsable du meurtre de Khashoggi
Des manifestants déguisés en Donald Trump et Mohammed ben Salmane, le prince héritier saoudien, font semblant de s'embrasser lors d'une manifestation le 19 octobre 2019 devant la Maison Blanche pour Jim WATSON

Donald Trump doit dire vendredi au plus tard au Congrès américain qui il juge responsable de l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, une échéance qui pourrait relancer le débat sur le rôle du prince héritier d'Arabie saoudite dans cette affaire.

Mais le département d'Etat américain a semblé jeudi minimiser cette date-butoir pourtant prévue par la loi, assurant seulement vouloir "continuer à travailler avec le Congrès" dont il partage "l'indignation".

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est lui entretenu jeudi à Washington avec le ministre d'Etat saoudien aux Affaires étrangères Adel al-Jubeir. Les deux hommes "sont convenus de l'importance de voir l'Arabie saoudite poursuivre ses investigations" de "manière transparente" pour que "toutes les personnes impliquées rendent des comptes", selon le département d'Etat.

Le 2 octobre, Jamal Khashoggi, critique du régime saoudien qui collaborait notamment avec le Washington Post et résidait aux Etats-Unis, a été tué et démembré dans le consulat de son pays à Istanbul par des agents saoudiens venus depuis Ryad.

Le 10 octobre, un groupe de sénateurs américains, républicains et démocrates, ont activé une loi qui oblige Donald Trump à dire au Congrès, dans un délai de 120 jours qui prend fin vendredi, quels ressortissants étrangers il considère responsable de cet assassinat -- et à prendre, le cas échéant, des sanctions à leur encontre.

Interrogé sur cette obligation, le porte-parole de la diplomatie américaine Robert Palladino a répondu jeudi que le gouvernement américain avait déjà sanctionné mi-novembre 17 responsables saoudiens. "Je n'ai rien à ajouter aujourd'hui", a-t-il dit.

- Des sénateurs passent à l'acte -

Or parmi ces 17 personnes sanctionnées, aucun haut dirigeant saoudien n'a été mis en cause, alors que le Sénat américain, pourtant contrôlé par le camp républicain du président, a adopté par consentement unanime une résolution jugeant le prince héritier Mohammed ben Salmane "responsable" du meurtre.

L'administration Trump affirme ne pas disposer de preuve irréfutable de son implication directe, bien que les sénateurs, après avoir été informés à huis clos des conclusions de la CIA, aient assuré avoir été confortés dans leur mise en cause de celui que l'on surnomme "MBS".

Six organisations de défense de droits humains et de la liberté de la presse ont appelé jeudi les Etats-Unis à prendre des "mesures concrètes immédiates pour faire avancer la justice".

"Le président Trump donne clairement plus de poids à la parole d'un dictateur étranger qu'à ses propres agences de renseignement", a déploré le vice-président de Human Rights First, Rob Berschinski, dans un communiqué commun avec Human Rights Watch, le Comité pour la protection des journalistes, Reporters sans frontières, Open Society Justice Initiative et PEN America.

"Il revient au Congrès d'agir", a-t-il insisté.

Au Sénat, un groupe d'élus des deux bords politiques a présenté jeudi une proposition de loi pour interdire notamment certaines ventes d'armes à l'Arabie saoudite, en raison du meurtre du journaliste mais aussi du rôle controversé de Ryad dans "le conflit dévastateur au Yémen".

Pour "éviter que le président Trump mette sous le tapis le meurtre de M. Khashoggi", "le Congrès doit désormais prendre ses responsabilités et imposer des mesures pour réexaminer radicalement nos relations avec le Royaume d'Arabie saoudite", a déclaré le sénateur démocrate Bob Menendez.

Selon son collègue républicain Lindsay Graham, souvent proche des positions de Donald Trump, "si l'Arabie saoudite est un allié stratégique, le comportement du prince héritier, à plusieurs titres, a manqué de respect à cette relation, ce qui le rend (...) plus que toxique".

La rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires a affirmé jeudi détenir des "preuves" montrant que le "meurtre" avait été "planifié et perpétré par des représentants de l'Etat d'Arabie saoudite".

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