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Pas facile d'avoir un prêt pour une maison: bonne nouvelle du patron de la Banque Nationale pour certains citoyens

La Wallonie et Bruxelles continuent de voir leur croissance être inférieure à celle de la Flandre. Cela a un impact sur l'aspect immobilier alors que la Banque Nationale de Belgique veut rendre l'accès aux prêts plus restrictif.

Vivre en Wallonie ou à Bruxelles n'est pas toujours facile. La croissance économique y est moindre qu'en Flandre, comme c'est le cas depuis longtemps. La Banque Nationale de Belgique s'en inquiète, comme nous l'a expliqué Pierre Wunsch, son gouverneur. "Les trois régions ont globalement bien résisté en 2019 dans un environnement international qui était difficile. Cela fait 60 ans que la croissance est plus importante en Flandre qu'à Bruxelles et en Wallonie", a-t-il précisé sur notre plateau. "Sur les trois dernières années, l'écart n'est que de 0,1%. Dans un monde idéal, ce que l'on pourrait souhaiter, c'est que cette croissance soit plus forte en Wallonie qu'en Flandre. Ce n'est pas le cas depuis 60 ans et c'est sans doute l'une des raisons qui rend la gestion de ce pays difficile".

Trouver l'équilibre pour éviter que le banques ne prêtent de l'argent à des gens qui n'ont pas les moyens

La BNB a aussi décidé de "recadrer" les banques, qu'elle accuse de prêter de l'argent trop facilement. L'idée a donc fait son chemin que les frais de notaires ne pourraient plus être payés avec le montant de ces prêts. Une mesure qui inquiète, notamment en ce qui concerne l'achat d'une maison par des jeunes. "La règle n'est pas la même pour les primo-acquéreurs que pour ceux qui achètent une maison secondaire. Le problème est de trouver l'équilibre pour éviter que le banques ne prêtent de l'argent à des gens qui n'ont pas les moyens de s'acheter une maison", assure Pierre Wunsch à ce sujet.

On a prévu une marge plus importante pour les jeunes

Cependant, le gouverneur de la Banque Nationale a apporté une précision qui peut sonner comme une bonne nouvelle pour les jeunes et ceux qui achètent leur première maison: "Le système qu'on a mis en place est un système qui s'impose avec une certaine flexibilité. On a prévu une marge plus importante pour les jeunes, donc les règles ne sont pas les mêmes, pour les primo-acquéreurs non plus, par rapport aux gens qui achètent des maisons secondaires".

Mais comment justifier ce retard de croissance permanent de la Wallonie?

"La structure économique en Wallonie repose énormément sur le secteur public et le secteur non-marchand", nous explique Pierre Munsch. "Cela représente 60 à 70% du PIB wallon. La Wallonie dépend pour son équilibre et sa subsistance économique des transferts de la Flandre. C'est une réalité. Le secteur marchand est trop faible chez nous", précise-t-il ensuite.

Ce constat fait craindre l'apparition de nouveaux impôts. Un scénario mis en avant par la BNB, qui veut que les Wallons et Bruxellois continuent à contribuer à l'effort économique. "Il est important de s'attaquer à la question du déficit. Si on ne fait rien, il va atteindre les 3% du PIB. En cas de choc économique, il nous serait impossible de soutenir l'économie et nous devrions prendre des mesures d'assainissement qui seraient très dures socialement. Nous prônons donc les efforts en continu, même en affaire courante".

Mais hors de question, pour Pierre Wunsch, d'aborder la création d'impôts ou d'avancer une solution à ce niveau. "Je ne suis pas pour plus d'impôts. C'est un choix politique. On a déjà des dépenses publiques qui sont parmi les plus élevées au monde, ce qui réduit la marge de manoeuvre. Je ne pense pas que l'on puisse faire un assainissement uniquement en dépenses", a-t-il simplement répondu.

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