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Des agriculteurs sans cesse contrôlés par la Région wallonne: "Mais qu'est-ce qu'ils veulent à la fin?"

Un jeune couple d'agriculteurs bio dénonce le nombre croissant de contrôles par la Région wallonne. Ils en ont eu 6 en 5 mois. A chaque fois, c'est une journée ou une demi-journée de perdue. Ils ont le sentiment d'être poussés à bout.

Aujourd’hui, Thomas devait s’occuper toute la matinée de sa centaine de bêtes. Avec son épouse, ils sont producteurs laitiers bio à Ondenval, près de Waimes. Mais à 9 heures, la Région wallonne est venue les contrôler... Ou plutôt à nouveau les contrôler. "On s’est mis bio pour se diversifier, on trait des chèvres en plus, ma femme transforme. On a vraiment la ferme-type pour s’en sortir. On nous harcèle tout le temps. Mais qu’est-ce qu’ils veulent à la fin ?", se plaint Thomas. 


"On passe une journée sur 7 à ne faire que des papiers"

Contrôle des champs, de la culture et du bétail, la région vérifie si le couple gère convenablement les subsides wallons. Pourtant, ils n'ont pas encore perçu de primes. "On est contrôlés trois fois pour la même matière", déplore Astrid, l'épouse de Thomas. Elle a repris la ferme il y a deux ans et a investi plus de 100.000 euros. "On passe une journée sur 7 à ne faire que des papiers, alors qu’il faut qu’on soit quand même dans les champs, avec les bêtes. On a d’autres travaux à faire que ça. On parle de simplification administrative, mais on n’est pas du tout dedans pour le moment", poursuit Astrid.


"On croit toujours qu’on est fautifs"

L’Afsca effectue aussi tous les trois mois des contrôles de qualité. Au total, c’est une quinzaine de visites par an et autant de journées perdues pour les jeunes producteurs, qui sont de plus en plus démotivés. C'est notamment le cas de Jérôme, lui aussi agriculteur. "On a déjà notre travail, plus l’administratif. Il faut une demi-journée à chaque contrôle, ça devient un peu beaucoup. Pendant ce temps-là on ne sait pas travailler, donc on doit s’arrêter pour eux". "On croit toujours qu’on est fautifs", ajoute Thomas. "On voit une camionnette blanche qui descend le village, on pense que c’est le contrôle. Des contrôles, il doit y en avoir, c’est normal, mais quand on vient cinq fois et qu’on remarque que c’est en ordre, c’est de l’abus".

Il faut d'ailleurs noter qu'en 30 ans, 63 % des agriculteurs belges ont disparu.

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