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Le ballet des voitures immatriculées dans le Nord et le Pas-de-Calais est ininterrompu lundi dans une station-service belge à quelques centaines de mètres de la frontière : nombre d’automobilistes français passent la frontière pour atténuer les effets de la flambée des prix des carburants.
« Ça fait au moins un an et demi que je viens faire le plein ici, parce que c’est deux euros et quelques en France. Rien ne vaut l’essence belge pour l’instant », explique Christine Deromaux, 73 ans, directrice de la communication à la retraite habitant la région lilloise.
Venue faire le plein, comme des dizaines d’autres automobilistes français, à la station de Hertain (Belgique), elle estime faire une économie de « 80 euros par mois » en franchissant la frontière.
Avec cet argent, « je préfère aller au cinéma, m’acheter des livres ou faire plaisir à mes petits-enfants », sourit-elle.
Dans cette station-service, le litre de SP95-E10 s’affiche à 1,879 euro, contre 2,072 euros dans le village voisin de Baisieux, côté français, où des journalistes de l’AFP n’ont vu que trois automobilistes prendre de l’essence en trois quarts d’heure.
L’une de ces rares clientes, Murielle Rémy, propriétaire d’un salon de coiffure, « n’a pas pensé » à remplir son réservoir lors de son passage en Belgique pour aller chercher sa fille.
Si les prix continuent à monter, elle essaiera d’y penser ou dira à sa fille de « rentrer en train », parce que « ça coutera moins cher que l’essence ».
Anthony Larivière, 42 ans, explique gagner « plutôt correctement » sa vie comme conducteur de bus en Belgique, mais « ça devient très compliqué » financièrement.
« Travailler pour acheter du carburant, ce n’est pas une vie. Après, on met quoi dans nos assiettes, on nourrit comment nos enfants ? À un moment donné, il risque d’y avoir un retour des +gilets jaunes+ ou bien le pays sera bloqué », prédit-il.
Le quadragénaire dit attendre des dirigeants français un « effort minimum », même s’il reconnaît que les marges de manœuvres budgétaires du gouvernement sont réduites.
Infirmière libérale de 39 ans, Claire Lehouck, qui considère sa voiture comme son « outil de travail », a profité d’un jour de repos pour venir faire le plein en Belgique.
« Je vais continuer à soigner mes patients, mais on cherche des solutions », explique la jeune femme, qui affirme avoir déjà réduit le nombre de ses sorties au restaurant. Et elle a pris rendez-vous dans l’après-midi pour envisager l’achat d’ « un véhicule électrique ».

























