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Faut-il craindre une crise du gaz cet hiver ? Les voyants sont à l’orange, certains éléments feront la différence

Ajoutez-nous à vos favoris Google Alors que les prix du gaz atteignent des niveaux inédits en Europe et que les réserves restent faibles, la question d’un risque de crise énergétique cet hiver se pose avec insistance. L’éclairage de Jim Nejman sur la situation.

Les prix du gaz flambent à nouveau en Europe et nos réserves sont beaucoup moins remplies que d’habitude. Alors la question se pose : doit-on craindre une nouvelle crise du gaz cet hiver ? Nous n’en sommes pas encore là, mais plusieurs voyants sont clairement passés à l’orange, a expliqué ce mercredi matin Jim Nejman dans sa chronique sur bel RTL. À cette période de l’année, les stocks européens sont en effet généralement remplis à environ 80 %., alors qu’aujourd’hui, ils ne le sont qu’à environ 65 %. En Belgique, c’est encore moins : autour de 55 %.

On ne peut pas les remplir davantage parce que l’Europe est sortie de l’hiver dernier avec des réserves déjà très basses, et parce que le gaz coûte aujourd’hui plus cher que celui qui doit être livré cet hiver. Il a dépassé les 70 euros le mégawattheure, son niveau le plus élevé depuis environ trois ans et demi. Acheter cher maintenant pour stocker et éventuellement revendre moins cher dans quelques mois, ce n’est pas très intéressant.

La guerre en Russie, puis celle au Moyen-Orient

Si le prix du gaz est si élevé, c’est en grande partie à cause de la guerre au Moyen-Orient. Depuis 2022, l’Europe a fortement réduit ses importations de gaz russe et s’est davantage tournée vers le gaz naturel liquéfié, le GNL, transporté par bateau. Ce qui se passe autour du détroit d’Ormuz est crucial. Le Qatar est l’un des plus grands exportateurs mondiaux de GNL et quasiment tout son gaz doit passer par ce détroit. Depuis le début du conflit il y a six mois, il n’a réussi à exporter que 18 cargaisons de GNL contre 509 sur la même période l’année précédente : une chute de 96 %.

L’Europe ne dépend pas directement du gaz provenant du Qatar, qui ne représente que 7 % envions du GNL importé par l’Europe, soit à peine 4 % de toutes ses importations de gaz. Mais à l’échelle mondiale, c’est une autre histoire : le Qatar représente à lui seul environ un cinquième du marché du GNL. Donc quand quasiment tout ce gaz disparaît du marché mondial, l’Europe se retrouve en concurrence avec l’Asie pour des cargaisons plus rares et plus chères.

Une accumulation de mauvaises nouvelles

Ce qui fait craindre une crise du gaz cet hiver, c’est une accumulation de mauvaises nouvelles. Si les exportations du Golfe restent perturbées, que l’Europe ne parvient pas à suffisamment remplir ses réserves et qu’on connaît ensuite un hiver particulièrement froid, les prix pourraient à nouveau fortement grimper.

Cela ne veut pas dire qu’on va manquer de gaz, le risque, c’est surtout une nouvelle flambée des prix. Et c’est finalement tout le paradoxe : en réduisant sa dépendance au gaz russe, l’Europe s’est davantage tournée vers le GNL. Et aujourd’hui, une guerre autour du détroit d’Ormuz peut à nouveau faire grimper notre facture de chauffage.

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