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C’est un passage que Lucas avait prévu… et redouté depuis ce matin : un arrêt à la pompe pour faire le plein de son food truck, sa pizzeria mobile, qui malheureusement lui coûte de plus en plus cher. « Avec une augmentation encore de 20 centimes ce mercredi, et 10 litres au 100, on va arriver à plus de 25 euros aux 100 kilomètres pour aller travailler », déplore-t-il.
Pour Lucas, quelques heures même avant la nouvelle augmentation, les tarifs s’envolent : 156 euros pour 68 litres. « Je ne sais même plus pourquoi on va travailler. On travaille juste pour gagner de l’argent, pour mettre dans son carburant, pour aller de nouveau travailler ».
Dès demain, les prix augmenteront encore : plus 16 centimes d’euros pour un diesel qui frôlera les 2,50 euros. Plus 4 centimes pour l’euro 95. Des records de prix et des records de fil pour des automobilistes touchés directement.
« C’est très cher et quand on doit aller travailler, on est bien obligé. Les transports en commun sont là, mais tout n’est pas toujours disponible », « Avant je ne regardais pas, maintenant j’ai dû dire à deux amis que je n’irai pas chez eux. Je fais juste mes courses et c’est tout », entend-on à la pompe.
Ces automobilistes le savent, ils doivent ces prix records à l’actualité. Les dernières annonces de chaos en Iran ont renforcé la tendance une fois de plus. Un baril de Brent, le cours international, est à près de 112 dollars aujourd’hui.
Pour Jean-Benoit Schrans, professionnel de l’énergie, impossible malheureusement de se positionner quant à l’arrivée de diminutions. « À chaque fois on se dit qu’on a atteint un certain seuil, et malgré ce seuil et des déclarations, on voit que la situation évolue encore. Il est tout à fait aujourd’hui impossible de prédire où ça va s’arrêter », explique-t-il.
Pour tous les automobilistes rencontrés, une crainte et un palier sont évoqués. « Je l’avais dit au début de la guerre : 3 euros le diesel ce n’est pas à déconner », dit encore Lucas. Un tarif record qui plongerait ces conducteurs dans des situations extrêmement délicates.
Reportage : Julien Crête, Estelle Pépin, Kevin Joris et Sylvain Wynance
























