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Utiliser des pellets pour produire de l'électricité peut s'avérer coûteux

Si la rentabilité des pellets n'est plus à démontrer en termes de chauffage, ce n'est pas forcément le cas lorsqu'il s'agit de produire de l'électricité. Cela s'avère coûteux d'autant plus si les certificats verts venaient à disparaître.

Depuis 2005, l'ancienne centrale aux charbons des Awirs brûle chaque année 400.000 tonnes de pellets pour fabriquer de l'électricité. A priori vu que les forêts qui ont produit ces pellets repoussent, le bilan carbone est bon et la centrale affiche un visage plutôt sympathique. En y regardant de plus près, c'est moins évident. Deux tiers des pellets viennent de Belgique. Le tiers restant est importé. Ils viennent même des Etats-Unis.

 

 

"C'est un peu idiot d'utiliser le pellet dans une centrale électrique"

 

Par le jeu des certificats verts, Electrabel perçoit annuellement 29 millions d'euros, payés par le contribuable wallon.La centrale des Awirs-ancienne a un rendement faible: seulement 34%. Alors que dans la chaudière individuelle de Laurent Minguet, spécialiste des énergies renouvelables. Le même pellet a un rendement de plus de 90%: "Faire de l'électricité avec du pellet, ça coûte deux fois plus cher que de le faire avec du gaz. Alors que se chauffer avec des pellets, ça coûte deux fois moins cher qu'avec du pétrole. C'est un peu idiot d'utiliser le pellet dans une centrale électrique, plutôt que dans une centrale à pellet."

 

 

 

"Il faut arrêter de donner l'impression aux gens qu'Electrabel reçoit des sommes considérables pour les certificats verts"

 

Sur un mètre carré de sol, on peut faire "pousser" la quantité de pellets nécessaire pour produire entre 0,5 et 1 watt d'électricité. Sous nos latitudes, le même mètre carré de panneaux solaires produit entre 15 et 20 watts. Damien Ernst, professeur à l'Université de Liège en matière d'énergie électrique-réseaux, explique: "La plante est vraiment un panneau photovoltaïque extrêmement inefficace. Certainement 10 à 20 fois plus inefficace que les panneaux photovoltaïques qu'on fabrique dans nos usines. C'est un choix très controversé." Si les certificats verts disparaissaient, la centrale des Awirs s'arrêterait immédiatement. Anne-Sophie Hugé, porte-parole d'Electrabel, tempère: "Il faut arrêter de donner l'impression aux gens qu'Electrabel reçoit des sommes considérables pour les certificats verts qu'elle produit. Pour avoir ses certificats verts, Electrabel investit et paie un combustible qui est plus cher que ce qu'on utilisait avant."

 

 

Vers la fin du pellet ?

 

Logique industrielle pour l'un, impasse sur le plan écologique et énergétique pour les autres et dans tous les cas une conséquence directe du système des certificats verts. "Faire de la planification énergétique d'un pays, c'est très difficile. Il vous faut des experts de haut niveau qui viennent en support aux choix politiques." Si à ses débuts, la centrale des Awirs a permis à Electrabel d'engranger de gros bénéfices, la diminution du prix de l'électricité sur le marché de gros change la donne. Le seuil de rentabilité n'est pas loin. Le va-et-vient incessant de pellets en bord de Meuse pourrait s'arrêter plus tôt que prévu.

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