Accueil Actu

"Suite noire", des polars décapants en hommage à la "Série noire"

Huit réalisateurs ont adapté pour France 2 des livres de la collection "Suite noire", écrits en hommage à la célèbre "Série noire" de Gallimard: ces huit pépites, d'une heure chacune, dressent un portrait au vitriol de la société, tempéré d'une dose d'humour...noir.

Diffusés cet été le dimanche en deuxième partie de soirée, après la dernière saison d'"Urgences", certains de ces films porteront une signalitique, a prévenu Eric Stemmelen, directeur des programmes de la chaîne. Ces moyen-métrages (ils durent une heure) "traitent de la vie, noire et dure", a-t-il déclaré.

Mais un humour grinçant est souvent la marque de fabrique de ces histoires très noires. Ainsi, le sexe, le meurtre et la gastronomie dansent une sarabande délicieuse et dérangeante dans "Tirez sur le caviste" d'Emmanuelle Bercot, adapté du roman de Chantal Pelletier.

Un vigneron gastronome (Niels Arestrup) tue sa femme parce qu'elle a raté un céleri rémoulade. Il cache le crime et engage comme cuisinière une jeune marginale (Julie-Marie Parmentier), cordon bleu hors pair et apparemment soumise aux désirs impétueux de son patron en matière de petits plats.

La collection "Suite noire" est née sous la houlette de Jean-Bernard Pouy, l'auteur prolifique de romans noirs et créateur du "Poulpe", héros de plusieurs de ses livres. L'idée était de rendre hommage à la célèbre collection "Série noire" (créée en 1945 chez Gallimard) en demandant à des auteurs d'écrire un roman noir, dont le titre serait un clin d'oeil à un best-seller de la collection.

Depuis deux ans, 32 livres ont été publiés aux éditions La Branche. Le producteur Alain Guesnier a alors proposé à plusieurs cinéastes d'adapter le roman pour lequel ils ont un coup de coeur. Orso Miret, Emmanuelle Bercot, Laurent Bouhnik, Dominique Cabrera, Patrick Grandperret, Brigitte Roüan, Guillaume Nicloux et Claire Devers acceptent, séduits par l'audace du projet et la liberté que leur confère une heure de diffusion tardive.

Chaque film est inspiré d'un roman noir mais chacun porte la marque de son réalisateur, auquel toute liberté a été laissée pour le choix des acteurs, des techniciens et du ton du moyen-métrage.

"Ce sont des romans contemporains, avec pour la plupart une critique sociale, mais à chacun de se comporter comme il le veut" à partir de la trame, souligne Jean-Bernard Pouy.

"On achève bien les disc-jokeys" d'Orso Miret, inspiré du livre de Didier Daeninckx, ouvre le bal le 5 juillet: l'histoire d'un malfrat (Francis Renaud, remarquable), devenu balance et pris dans les rets d'une machination qui broiera coupables et innocents.

À la une

Sélectionné pour vous