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Une nouvelle production de "La Traviata" conférant un caractère intimiste à ce populaire opéra de Verdi a ouvert samedi soir, sous les ovations de quelque 8.300 personnes, les Chorégies d'Orange 2009.
Le spectacle s'impose par le haut niveau de sa distribution vocale et un accompagnement musical en total accord avec une mise en scène marquée par une efficace direction d'acteurs. Il sera redonné le 15 juillet avec retransmission en direct du théâtre antique sur France 2 à partir de 21h45.
Une des raisons du succès de cet opéra est concentrée à la fois dans le personnage de la demi-mondaine poitrinaire Violetta et dans la voix que requiert ce personnage.
La soprano italienne Patrizia Ciofi, qui a enthousiasmé le public des Chorégies 2006 avec sa "Lucia di Lammermoor" de Donizetti, captive à nouveau l'auditoire par son incarnation de la malheureuse "Traviata".
Sa Violetta ressemble à un oiseau blessé tombé du nid, et pourtant la voix est riche en possibilités de colorations et de souffle. La soprano italienne se révèle, comme le souhaitait Verdi, une vocaliste expressive au premier acte, capable ensuite de grand lyrisme, avant de finir avec la couleur du soprano dramatique dans la scène de la mort de Violetta.
Le metteur en scène Frédéric Bélier-Garcia fait d'ailleurs jouer l'ouvrage "comme une mise à mort, un ardent hallali, ce dernier moment de la chasse, ce cri de victoire qui annonce la bête aux abois", déclare-t-il dans le programme.
Par des décors en petit nombre et les éclairages, il oblige le spectateur à concentrer son regard sur les protagonistes.
La direction musicale du chef sud-coréen Myung-Whun Chung, attentive au jeu scénique des chanteurs, équilibre précision des attaques et lyrisme à la tête de l'Orchestre philharmonique de Radio France.
Les fêtes, en arrière plan du drame de Violetta qui renonce à son amour pour le jeune Alfredo afin d'éviter le scandale à une famille bourgeoise, ont des couleurs sombres.
Le ténor italien Vittorio Grigolo interprète avec une sympathique générosité Alfredo, avec comme père (Germont) son compatriote Marzio Giossi, baryton un peu moins convaincant.
