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Le CSS plaide pour le développement du dépistage décentralisé et démédicalisé du VIH

(Belga) Le Conseil supérieur de la Santé (CSS) a émis un avis positif quant à la décentralisation et à la démédicalisation du test de dépistage du virus du sida, le VIH. Ce type de dépistage est particulièrement recommandé pour les patients qui passent à travers les mailles du filet de la stratégie traditionnelle, explique le CSS.

L'avis du CSS, en réponse à une demande de l'ancienne ministre fédérale de la Santé publique Laurette Onkelinx, se fonde sur les dernières recommandations de l'OMS en la matière, ainsi que sur le "Plan National VIH" 2014-2019. Plusieurs projets pilotes ont été menés au cours des dernières années pour améliorer la couverture du dépistage du VIH, notamment la collecte d'échantillons, l'utilisation de tests rapides ou encore l'implication de personnel non professionnel de la santé. Ce type de dépistage doit permettre d'atteindre les populations à risque qui n'osent pas se rendre en milieu clinique pour procéder aux tests traditionnels. Cependant, pour promouvoir cette stratégie, une modification législative est nécessaire. L'arrêté royal du 10 novembre 1967 interdit en effet le dépistage décentralisé et démédicalisé. "Dès lors, le CSS recommande aux autorités compétentes d'adapter la législation pertinente relative à l'exercice des professions des soins de santé", stipule-t-il dans son avis. La recommandation du CSS ne va pas dans le sens de la politique actuellement menée par la ministre fédérale de la Santé publique Maggie De Block, qui ne finance que le dépistage médical et n'envisage pas de modification de l'arrêté royal. Plusieurs projets pilotes de dépistage décentralisé ont ainsi été interrompus en début d'année, faute de fonds. L'asbl Ex Aequo, qui était en charge d'un projet pilote, se félicite de l'avis du CSS. "On a l'impression parfois que la ministre De Block vit sur une île déconnectée des stratégies de lutte contre le VIH", regrette l'association. Le professeur Yves Van Laethem du CSS estime quant à lui que le refus de modifier la législation n'est "pas de bon augure". "Ce n'est pas productif d'aller contre les données scientifiques", commente-t-il. (Belga)

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