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Afghanistan: 350 parachutistes du 3e RPIMa de Carcassonne sur le départ

Les premiers éléments d'un groupe de 350 parachutistes du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa), basé à Carcassonne, partent ce vendredi pour l'Afghanistan dans le cadre d'une "relève des effectifs" présents dans le pays, a-t-on appris jeudi de source militaire.

Ces 350 soldats armeront le bataillon français (Batfra), intégré au "regional command capital" commandé depuis le 8 août dernier par le général Michel Stollsteiner, précise un communiqué du régiment.

Le chef de corps du 3e RPIMa, le colonel Jean-Pierre Perrin, assurera le commandement de ce bataillon de 850 militaires pour la plupart originaires de la 11ème brigade parachutiste.

Ces militaires seront projetés dans le bataillon français dans le cadre du 20e mandat de l'opération Pamir, mission française chargée de mener pour la Force internationale d'assistance et de sécurité (Fias/Isaf), sous mandat de l'Otan, des patrouilles de sécurisation dans la province de Kaboul.

"Nous partons dans le cadre d'une relève normale et non pour un quelconque renfort. C'est la 20e fois qu'elle a lieu depuis l'implication de troupes françaises en 2001", a indiqué à l'AFP le lieutenant Laurent Daneirole, qui a indiqué qu'il participerait à cet envoi.

Le bataillon français comprendra notamment un état-major tactique, une unité de commandement et de logistique, et, déjà sur place, une batterie de mortiers lourds du 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes (RAP) et une compagnie de combat du 8e RPIMa de Castres (Tarn).

Ce sont des éléments de cette dernière compagnie qui sont tombés en Afghanistan dans une embuscade des talibans causant 10 morts dans les rangs de l'armée française le 18 août dernier, à l'est de Kaboul dans la vallée d'Uzbeen.

Par ailleurs, jeudi, des critiques ont été formulées par des responsables politiques à l'encontre d'un reportage de l'hebdomadaire Paris-Match sur le commando qui a tué dix soldats français en Afghanistan.

Le rédacteur en chef de Paris-Match Laurent Valdiguié a jugé "légitime" son reportage.

"Quel pays serait-on si on s'était censuré sur les propos tenus par l'adversaire? Je doute que les talibans sur leurs sites donnent la parole au patron de l'armée française ou à Nicolas Sarkozy", a-t-il souligné.

Rappelant que le magazine avait consacré depuis le début de l'année "5 ou 6 reportages sur l'armée française, le 8e RPIMA quand il est arrivé là-bas, le point de vue de la France, de l'Europe", il a souligné que Paris-Match n'était pas un "journal équivoque".

"On donne un visage à des gens qui nous affrontent là-bas, qui menacent nos troupes, qui sont habillés en haillons ou en baskets pour certains et qui, avec leurs haillons et leur baskets, défient la coalition des plus grands pays du monde", a-t-il ajouté.

"On s'est dit que c'était légitime dans certaines limites, cette limite étant de ne pas rentrer dans une logique macabre où on aurait vu des corps de soldats français, ce qui aurait été insupportable pour les familles et pour nous", a-t-il expliqué.

Le responsable a rappelé que Paris-Match couvrait "tous les conflits dans la monde depuis 60 ans". "Match est allé voir (le leader palestinien Yasser, ndlr) Arafat à l'époque où il faisait sauter des avions de ligne dans le monde entier, on a fait des interviews de Saddam Hussein...", a-t-il souligné.

Des responsables politiques ont critiqué jeudi le reportage de Paris-Match, Pierre Moscovici (PS) jugeant "très gênante" l'idée de "mettre en scène les talibans, de donner de la crédibilité à leurs menaces", tandis que Daniel Cohn-Bendit (Verts) a dénoncé le "côté abject du voyeurisme" du magazine.

De son côté, le ministre de la Défense, Hervé Morin, s'est interrogé: "est-ce qu'on doit faire la promotion d'hommes qui ont compris qu'on était dans l'ère de la communication?".

Joël Le Pahun, père d'un des soldats tués, a jugé "abject" de voir ce reportage, mais a espéré que la publication de ces images allait amener "un mal pour un bien, (pour que) que les Français prennent conscience du risque que les talibans peuvent engendrer".

M. Valdiguié a par ailleurs écarté toute mise en scène concernant ces photos. "Ca s'est fait assez vite, dans des conditions assez délicates. Ils étaient comme ça", a-t-il dit.

Revenant sur les conditions dans lesquelles a été réalisé l'article, M. Valdiguié a expliqué que Paris-Match avait commandé à ses journalistes sur place -- Eric de Lavarène et la photographe Véronique de Viguerie -- un reportage sur les villageois, victimes civiles des combats.

"De fil en aiguille, notre équipe a compris qu'elle avait l'opportunité de remonter à un des quatre commandos qui a participé à l'attaque contre les Français", a-t-il indiqué.

"On avait des questions à poser (au chef du commando), il y a répondu. On est dans une guerre en Afghanistan, les talibans s'expriment et ces messages sont dans le journal. Les Français peuvent comprendre que ce sont les messages des talibans et non le point de vue de Paris-Match", a-t-il estimé.

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