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Le mythe de l'Ouest américain revisité au Musée des beaux-arts de Rouen

Le Musée des beaux-arts de Rouen revisite le mythe de l'Ouest américain entre 1830 et 1940 avec une exposition remplie de fiers chefs indiens, de cow-boys désarçonnés et poussiéreux, de troupeaux de bisons magiques et de chercheurs d'or accroupis dans les rivières.

"C'est un mythe devenu universel qui n'avait pas fait l'objet d'une exposition en France depuis 25 ans", souligne Laurent Salomé, directeur des musées de Rouen. Au total, une soixantaine d'oeuvres, en majorité des peintures mais aussi quelques sculptures, pour la plupart prêtées par des musées américains, ont été rassemblées pour cette exposition.

Le visiteur entre d'emblée dans le vif du sujet avec une étonnante galerie de portraits de chefs indiens réalisés dans les années 1830 à la manière d'un ethnologue par le peintre américain George Catlin, au cours d'expéditions le long du Mississipi et du Missouri. Cette série est une commande du roi de France Louis-Philippe qui avait reçu cet artiste à Paris à l'occasion d'un voyage que ce dernier avait effectué en Europe avec une troupe d'Iowas.

De cette époque datent des toiles romantiques qui nous montrent un Ouest américain où semble règner encore un fragile équilibre entre Amérindiens et pionniers.

La dernière, une oeuvre de John Stanley, datant de 1857 et intitulée "Les derniers de leur race", achève de dissiper l'illusion en mettant en scène une famille indienne, visages graves et dos au Pacifique.

Vidés de leurs premiers habitants, les paysages monumentaux de l'Ouest américain deviennent une source inépuisable d'inspiration pour les peintres qui travaillent sur le motif comme le faisait déjà depuis quelques années l'Anglais William Turner sur le Vieux continent.

"Ces paysages irréels qui dressent l'image d'un paradis ont très souvent été repris comme publicités par les compagnies de chemin de fer", explique Laurent Salomé.

Ces toiles, peintes notamment par des immigrés récents comme l'Allemand Albert Bierstadt et l'Anglais Thomas Moran, respirent la quiétude, à la différence des oeuvres de la section suivante consacrée à "l'épopée" des colons. Le visiteur retrouve là les thèmes favoris de l'Ouest américain qui ont fait le tour du monde: chariots en route vers la Californie ou l'Oregon, bisons capturés au lasso, cow-boy tentant de dresser un étalon...

L'exposition se conclut en montrant le destin de cette peinture, qui verse peu à peu dans l'illustration à la faveur de l'édition d'innombrables livres sur la conquête de l'Ouest, en particulier pour les enfants. "Le vieil ouest n'existe plus, nous ne sommes plus dans le réalisme mais dans une rêverie, une vision, presque un show de carnaval", suggère Laurent Salomé.

Cette exposition, qui se déplacera ensuite à Rennes et Marseille, trouve un écho jusqu'au 31 octobre au musée d'art américain de Giverny (Eure) qui traite du même sujet mais au travers de la photographie.

("La mythologie de l'ouest dans l'art américain 1830-1940", Musée des beaux-arts de Rouen, jusqu'au 7 janvier)

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