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Le réalisateur américain Chris D'Arienzo, auteur de la comédie musicale "Rock of Ages", dynamite avec "Barry Munday" le genre de la comédie romantique, fidèle à sa démarche "masochiste" consistant à prendre un sujet "casse-gueule" pour en faire "le meilleur film possible".
Adapté du livre de Frank Turner Hollon "Life is a Strange Place" (La vie est un endroit bizarre), le film, sorti vendredi sur les écrans nord-américains, raconte les aventures tragi-comiques de Barry Munday, un "beauf" obsédé par les seins de ses collaboratrices, émasculé à coups de trompette par le père jaloux de l'une de ses (rares) conquêtes, et confronté à une paternité inattendue, résultat d'une lointaine nuit trop arrosée.
"Je pensais beaucoup à toutes ces comédies des années 70, comme "Annie Hall" ou "Tootsie", qui se frayaient un chemin entre l'absurde, le ridicule et des moments vraiment dramatiques et émouvants", raconte Chris D'Arienzo à l'AFP. "Je voulais explorer le côté le plus confus de la condition humaine".
Le rôle de Barry Munday est interprété par Patrick Wilson (vu dans "Little Children" avec Kate Winslet, "Watchmen" et "L'Agence tous risques"), qui a troqué son physique de beau gosse pour celui de barbu bedonnant au regard vide.
L'ingrate Ginger, qui le harcèle avec sa grossesse, est jouée par la prolifique Judy Greer (plus de 70 films et séries télévisées à son actif, à 35 ans).
"Je voulais clairement faire une comédie romantique avec deux personnes un peu bizarres et singulières, qui n'ont pas besoin de changer de pied en cap et devenir beaux et séduisants pour trouver l'amour", poursuit-il.
"La réalité des relations amoureuses est beaucoup plus ingrate que dans les comédies romantiques classiques. Elle est pleine d'incompréhensions, de bosses et d'amères leçons. J'adore raconter ça", dit-il.
Le ton particulier du livre, volontiers scabreux et absurde, ne lui a pas fait peur au moment de l'adpater pour le grand écran.
"J'étais peut-être naïf, mais ça ne m'inquiétait pas. En fait, cela m'excitait plutôt", observe-t-il. "J'ai écrit une comédie musicale, "Rock of Ages", dont le concept laissait penser que cela pourrait être un film complètement débile, pas du tout un projet de qualité".
"Je suis sans doute masochiste, mais je trouve très drôle de s'emparer d'un projet qui peut sembler casse-gueule et le rendre aussi bon que possible. C'est un défi très excitant", ajoute-t-il.
Revendiquant les aspects autobiographiques de la relation mère-fils présentée dans son film -- plus proche d'un "partenariat que d'une relation parent-enfant" -- Chris D'Arienzo remarque que "Barry Munday" s'interroge aussi sur "ce que signifie être un homme aujourd'hui". .
"Nous sommes dans une culture dans laquelle on demande aux hommes de grandir de la même façon qu'ont grandi leurs pères", déplore-t-il. "Moi, j'ai 38 ans et je joue encore aux jeux vidéo. Et j'ai des tonnes de copains de mon âge qui se comportent comme s'ils avaient 25 ans".
