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À l’hôpital André Vésale de Montigny-le-Tilleul, le caisson hyperbare est bien plus qu’un dispositif technique : c’est un service de santé publique essentiel, utilisé chaque année par 260 patients. Il permet notamment de traiter rapidement les intoxications au monoxyde de carbone, les accidents de plongée, certaines plaies complexes, les surdités brusques ou encore les cas de Covid long.
« On fait une simulation de plongée […] à une pression équivalente à 15 mètres de profondeur », explique Jonathan Arvicus, infirmier au sein de l’établissement. En y administrant de l’oxygène pur sous pression, le traitement favorise la vascularisation et permet d’agir plus efficacement sur les tissus endommagés.
Le gain médical est notable : « En cas d’intoxication au CO, le caisson permet d’éliminer le gaz toxique en deux heures. Sans lui, il faudrait au moins 12 heures », souligne l’infirmier. Des minutes précieuses qui, dans certains cas, peuvent faire la différence.
Un service en péril malgré son efficacité
Mais ce service, seul de ce type en Wallonie, est aujourd’hui menacé de fermeture pour raisons budgétaires. En cause : un déficit annuel de 500.000 euros, lié à la fois aux frais de maintenance très élevés et à la nécessité de mobiliser en permanence trois professionnels formés, 24h sur 24.
Les patients ne viendraient plus se faire soigner
Le problème est aussi structurel : l’INAMI ne rembourse aujourd’hui que les deux premières séances, alors qu’un traitement complet peut en nécessiter bien plus. « Chaque séance est facturée 40 euros, mais pour équilibrer les comptes, il faudrait facturer 200 euros. Ce serait impayable pour de nombreux patients qui ne viendraient plus se faire soigner », explique Frédéric Dubois, directeur de la communication du réseau hospitalier HUmani, auquel appartient l’hôpital.
Mobilisation politique
Face à cette menace, les communes de la région se mobilisent. À Courcelles, une motion a été adoptée pour interpeller les autorités régionales et fédérales. Elle a été envoyée à toutes les communes wallonnes, dans l’espoir de faire front commun. « Notre motion vise à alerter l’ensemble des conseils communaux sur l’urgence de sauvegarder cet outil », insiste Caroline Taquin, bourgmestre de Courcelles. L’appel lancé vise à obtenir un soutien financier pérenne. Le risque, en cas de fermeture, est concret : les 2.600 séances annuelles réalisées dans le Hainaut devraient alors être délocalisées vers la Flandre ou Bruxelles.














