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Infections sexuellement transmissibles en hausse: les IST souvent occultées par le VIH

L'augmentation du nombre de cas d'infections sexuellement transmissibles révélée par les derniers chiffres de l'Institut scientifique de santé publique (ISP) s'explique notamment par le manque de connaissance des IST, selon les associations de prévention actives dans ce secteur. "On observe une prise de risque plus importante au niveau des IST. Le HIV a quelque peu occulté les autres IST existantes telles que la chlamydia, la gonorrhée ou la syphilis. Ces maladies ne présentent souvent pas de symptômes. Les patients les ignorent et les propagent sans le savoir", pointe jeudi le directeur de la Plate-forme Prévention Sida, Thierry Martin. Les responsables de la Plate-forme Prévention Sida et de l'asbl Sida'sos estiment que l'augmentation de toutes les IST en Belgique peut notamment s'expliquer par le nombre croissant de dépistages qui mettent au jour de nombreux tests positifs, mais surtout par un manque d'information sur les IST. Les résultats de l'ISP révèlent notamment que les cas de chlamydia ont triplé à Bruxelles, passant de 31,1 à 99,1 par 100.000 habitants de 2002 à 2013. Les cas de gonorrhée sont également en hausse, tandis que la syphilis a, elle, décuplé à Bruxelles entre 2002 et 2013: 2,6 cas à 28,4 pour 100.000 habitants, selon les chiffres publiés par Le Soir jeudi. "Dans nos campagnes de sensibilisation, nous essayons de remettre l'accent sur les IST. Il faut informer la population des risques de ces maladies, mais aussi de la façon de les dépister. De trop nombreux jeunes de 15 à 30 ans ignorent que les tests sanguins ne sont valables que pour le VIH, les hépatites et la syphilis. Il est indispensable de dépister d'autres maladies sexuellement transmissibles comme la chlamydia et la gonorrhée à l'aide de tests urinaire pour les hommes et gynécologique (frottis) pour les femmes", insiste Céline Danhier de Sida'sos. Le directeur de la Plate-forme Sida pointe la nécessité de poursuivre le travail de prévention "malgré les efforts budgétaires et la régionalisation des compétences." "L'accès au dépistage doit être facilité. Les médecins doivent également être davantage formés pour faire face aux risques des IST et aux questions de leurs patients", indique M. Martin. Sida'sos plaide pour un travail de prévention couplé avec des actions sur le terrain. "Le dialogue aura toujours plus d'impact qu'une simple affiche", conclut Mme Danhier. (Belga)

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