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Medvedev regrette l'effondrement de l'URSS, mais pas autant que Poutine

Le président russe Dmitri Medvedev a déclaré que l'effondrement de l'URSS n'était pas "la plus grande catastrophe" du XXe siècle, comme l'a dit son prédécesseur Vladimir Poutine, mais il a regretté les lignes de partage en Europe 20 ans après la chute du Mur de Berlin.

"L'effondrement de l'URSS est un grand choc pour tous ceux qui ont vécu en ex-URSS", a déclaré M. Medvedev dans une interview au magazine allemand Der Spiegel dont le texte a été diffusé samedi par le Kremlin.

Dans un discours à la Nation prononcé en 2005, alors qu'il était président de la Russie, Vladimir Poutine avait déclaré que la chute de l'URSS en 1991 avait été "la plus grande catastrophe géopolitique" du XXe siècle.

"La Seconde Guerre mondiale n'est pas une catastrophe moins grave du XXe siècle, ni une tragédie moins importante en termes de conséquences", a nuancé M. Medvedev.

Interrogé sur l'existence de divergences idéologiques au sein du tandem qu'il forme avec Vladimir Poutine, devenu son Premier ministre, le président Medvedev a répondu qu'ils ne devaient pas se ressembler comme les membres de Politburo du Parti communiste de l'URSS.

"En ce qui concerne moi et Vladimir Poutine, je ne voudrais pas qu'on commence à nous considérer comme les dirigeants d'un âge avancé du Politburo qui se tenaient sur la tribune du Mausolée (de Lénine, sur la place Rouge) vêtus des mêmes manteaux et des mêmes chapkas", a-t-il déclaré.

Si le président russe sera un des invités d'honneur des célébrations à Berlin lundi, ce que Vladimir Poutine, qui était agent du KGB en RDA en 1989, pourra dire de l'événement va retenir aussi toute l'attention.

M. Poutine a déploré la division après la guerre de l'Allemagne, alimentée par la rivalité entre les deux superpuissances de l'époque, l'Union soviétique et les Etats-Unis.

"La division du peuple (allemand) était sans perspective, il était évident dès le début qu'il ne fallait pas le faire", a-t-il dit dans une interview à la télévision russe NTV qui sera diffusée le 8 novembre, à la veille du 20e anniversaire.

M. Medvedev a quant à lui estimé que la chute du Mur de Berlin n'avait pas justifié tous ses espoirs.

"Les relations entre la Russie et l'Europe auraient pu se développer selon un scénario différent", a-t-il déclaré.

"Après la chute du Mur, nous espérions que la disparition du Pacte de Varsovie entraînerait un autre niveau de l'intégration de la Russie en Europe. Et qu'est-ce qu'on a eu finalement? L'Otan, une alliance militaire, dont les missiles visent la Russie", a lancé le président russe.

La Russie n'a cessé de dénoncer l'élargissement de l'Alliance atlantique aux pays de l'Europe de l'Est et voit d'un très mauvais oeil les aspirations atlantistes d'ex-républiques soviétiques comme la Géorgie ou l'Ukraine.

De 1945 à 1994, l'Union soviétique fut l'une des quatre forces d'occupation à Berlin, ancienne capitale du Reich, au côté des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France.

Avec le blocus de Berlin (1948-1949) et la guerre froide, la cohabitation tourna à la confrontation entre les deux camps et conduisit à la division de l'Allemagne, coupée en deux par le Rideau de fer.

Quant au rôle de Mikhaïl Gorbatchev, apprécié en Occident comme celui qui a mis fin à la Guerre froide, M. Medvedev a souligné que "la plupart de nos citoyens lient la chute de notre Etat (l'URSS, ndlr) avec son activité".

"Subjectivement, beaucoup de gens se sont senties à ce moment victimes, privées de leur pays, c'est un fait", a-t-il déclaré.

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