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Procès Sadia: "Elle fumait, sortait et séchait les cours. Je n'ai pas chipoté"

Suite du second procès, aux assises de Namur, des parents de Sadia Sheik, rejugés, dans le cadre de la mort de leur fille. Ce matin, ce sont 2 témoins-clefs, qui se sont exprimés à la barre : le frère et la soeur de Sadia.

Mudusar Sheikh, le frère de Sadia, a été entendu mardi matin par la cour d'assises de Namur, au septième jour du second procès de Mahmood Sheikh Tariq et Parveen Zahida, accusés d'avoir participé à l'assassinat de leur fille Sadia le 22 octobre 2007 à Lodelinsart (Charleroi). Mudusar a déclaré que, dès la seconde fugue de Sadia, il avait décidé de la tuer. "Quand je l'ai déposée à l'école le 26 mars 2007, j'ai reçu un SMS de Sadia qui me disait que ça ne valait pas la peine d'aller la rechercher, qu'elle ne rentrerait pas. Ce jour-là, j'étais résolu. Je ne savais pas quand, comment, mais j'allais lui tirer dessus. Je n'en ai jamais parlé à ma famille, à personne", a expliqué Mudusar, déterminé, faisant de l'assassinat de sa sœur son seul projet.

"Je voudrais bien la vérité"

Le frère de Sadia a révélé qu'il avait lui-même acheté l'arme avec laquelle il avait tué sa sœur, contredisant l'ensemble des déclarations lors des auditions et du procès à la cour d'assises du Hainaut. Jusqu'à présent, l'enquête avait révélé que l'arme était la propriété de Mahmood Sheikh Tariq, le père, qu'il gardait dans son magasin. Face à ces nouvelles déclarations, le président de la cour d'assises, Philippe Gorlé, a rappelé au détenu qu'il pouvait être condamné à une peine de prison pour faux témoignage. "On raconte beaucoup d'histoires dans ce dossier. Vous vous foutez de ma tête? Je voudrais bien la vérité."

"J'étais déterminé à lui tirer dessus, quoi qu'elle me dise"

Le jour des faits, le 22 octobre 2007, Mudusar dit être rentré après avoir été chercher Sadia à l'école: "En rentrant, je n'étais pas sûr à 100% que j'allais le faire, même en allant chercher l'arme dans ma chambre. Quand Sadia est revenue de la salle de bain, j'ai dégainé l'arme. Je n'étais pas moi-même à ce moment-là. J'étais déterminé à lui tirer dessus, quoi qu'elle me dise."  Le frère de Sadia a affirmé avoir voulu tuer ses deux soeurs "pour ne pas que Sariya reste seule après la mort de Sadia". "Et puis, elle fumait, elle sortait, elle séchait les cours. Je n'ai pas chipoté! ", a-t-il ajouté nonchalamment, avant d'être interpellé par le président de la cour.

"Elle ne tenait pas compte de l'amour que je lui portais"

Regrettant son geste, Mudusar a justifié l'assassinat de Sadia par la rancoeur qu'il avait à son encontre à la suite de ses deux fugues. "Mon père avait pris les choses à la légère, quand elle a fugué. Il aurait dû la mettre à la porte la première fois. Ce qu'elle faisait, ce n'était pas logique. Elle aurait dû se confier à moi au lieu de fuir. Elle ne tenait pas compte de l'amour que je lui portais. Elle avait cassé ma fierté."

 

La grande soeur défend la plus jeune

Tahira Sheikh ne reconnaît pas la culpabilité de sa sœur, a-t-elle affirmé l'après-midi devant la cour d'assises de Namur. "Pour moi, Sariya n'a pas aidé mon frère Mudusar", a indiqué la deuxième fille de la famille. "Je ne comprends pas le geste de mon frère", a souligné Tahira, qui a affirmé lui avoir fourni de l'argent et un document d'identité durant sa cavale. "Je l'ai aidé pour le faire revenir, pas pour qu'il s'enfuie. J'étais dégoûtée: papa était en prison à cause de lui", a ajouté la jeune femme.

En avril 2007, Sadia, sa petite sœur, fugue quelques jours avant son mariage avec Abbas, le fils du frère d'Imran, l'époux de Tahira. "Cela peut créer un malaise. Mais ma belle-famille m'a dit que ce n'était pas grave", a précisé Tahira, qui a fait l'objet d'un mariage arrangé. Pour elle, sa sœur voulait se marier. Ensemble, elles avaient fait tous les préparatifs. Tahira a nié avoir accompagné Sadia lors de son avortement en 2006 à la suite de sa relation avec Umair, un Pakistanais, contredisant ce qu'elle avait annoncé lors du premier procès.

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