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Depuis plusieurs jours, l’Iran est plongé dans une vague de protestations d’une ampleur inédite. Parti de la capitale, Téhéran, ce mouvement de contestation, né d’un rejet du coût de la vie, s’est rapidement étendu à une quarantaine de villes à travers le pays. Les citoyens de toutes les couches sociales descendent dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol face à la situation économique, dénonçant la flambée des prix et l’effondrement de la monnaie nationale. Tout cela intervient dans un contexte où l’inflation a atteint un record de 52 % en un an. Le prix du pétrole et des produits de première nécessité augmente régulièrement, suscitant une colère généralisée contre le régime en place, au pouvoir depuis 1979.
Face à la mobilisation croissante, les autorités iraniennes ont opté pour une répression intense. À ce jour, 12 morts sont officiellement recensés, et des dizaines d’arrestations ont eu lieu, visant à museler les manifestants.
Un régime dépassé
Le régime est dirigé depuis 1979 par le guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei, figure centrale des critiques des manifestants. Ces derniers accusent le pouvoir de privilégier des priorités internationales au détriment des besoins de la population. À travers le slogan « Ni Gaza, ni Liban, je veux donner ma vie pour l’Iran », ils fustigent les fonds iraniens alloués à des alliés comme le Hamas et le Hezbollah, tandis que des millions d’Iraniens peinent à subvenir à leurs besoins. L’effondrement économique sape encore davantage la confiance envers un régime déjà fragilisé par la pression internationale et les sanctions économiques.
Les manifestations ne se limitent plus à des revendications économiques : elles prennent une tournure politique évidente. Des attaques ciblées contre des commissariats de police et d’autres symboles du pouvoir ont été signalées dans plusieurs villes. La colère gronde également dans les services publics et parmi les commerçants, qui ferment leurs boutiques en signe de protestation. Les coupures d’électricité fréquentes et la pénurie d’eau ajoutent à un climat d’instabilité qui semble s’amplifier chaque jour. Téhéran apparaît plus isolée que jamais face à cette contestation qui unit différents segments de la société, des ouvriers aux universitaires.
Petite victoire pour la rue
Le gouvernement iranien a annoncé dimanche que chaque citoyen recevrait pendant quatre mois une aide mensuelle d’environ six euros, après une semaine d’un mouvement de contestation déclenché par des revendications économiques.
« Chaque personne recevra un montant d’un million de tomans (10 millions de rials, soit environ six euros) par personne et par mois, qui sera crédité sur son compte pendant quatre mois », a déclaré la porte-parole du gouvernement Fatemeh Mohajerani à la télévision d’Etat.
Les manifestants soutenus par les États-Unis
Sur le plan international, les réactions ne tardent pas. Les États-Unis, par l’intermédiaire de déclarations officielles, ont condamné violemment la répression. « Si l’Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment comme à son habitude, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours », a prévenu Washington, affichant un soutien explicite au mouvement.
En Iran, le gouvernement semble chercher à éviter une escalade. Officiellement pour « des raisons climatiques » liées au froid, les autorités ont décrété la fermeture des établissements publics et des écoles, forçant les habitants à rester chez eux. Cependant, beaucoup y voient une manœuvre destinée à empêcher les rassemblements massifs. Malgré ces tentatives, la mobilisation demeure forte et la colère ne faiblit pas. Les images qui parviennent de manière sporadique témoignent d’une détermination profonde chez des manifestants qui réclament non seulement une amélioration des conditions de vie, mais aussi la fin d’un régime qu’ils jugent dépassé.



















