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Des fraudes au CPAS d'Anderlecht? "C'est inacceptable", lance la ministre de l'Intégration sociale à la Chambre

L'échevin des Finances de la commune d'Anderlecth, Bieke Comer (Vooruit), a réclamé ce mercredi un "audit financier approfondi" du CPAS de sa commune après la diffusion mardi d'un reportage ayant mis en lumière des irrégularités dans l'octroi d'allocations. Ce jeudi, la ministre de l'Intégration sociale, Karine Lalieux, a pris la parole à la Chambre.

L'échevin des Finances s'est dit "vraiment choqué" par ces informations faisant état de l'attribution rétroactive, sans vérifications préalables, de revenus d'insertion à des personnes ne résidant pas la commune.  

Selon le reportage, des contrôles en suffisance sont impossibles à mener en raison d'un sous-effectif chronique au sein du CPAS, lequel ne peut faire face à un nombre de dossiers qui ne cesse d'augmenter.  "Le CPAS est là pour venir en aide aux personnes dans le besoin. Quiconque fraude doit être puni", juge Bieke Comer. Celui-ci réclame la conduite d'un audit de l'institution, mais aussi davantage de professionnalisme et de contrôle en son sein. L'élu rappelle que son parti est depuis longtemps en faveur de la mise sur pied d'un CPAS commun pour tout Bruxelles.

Des auditions à la Chambre 

Le président de la commission des Affaires sociales de la Chambre, Denis Ducarme (MR), veut porter au parlement fédéral le dossier de possibles fraudes au CPAS d'Anderlecht, a-t-il annoncé mercredi. Il proposera en début d'après-midi de mener des auditions sur le sujet. "Ce n'est pas habituel mais au vu de l'ampleur des fraudes et de la non effectivité des contrôles, je voudrais que la commission puisse entendre les deux journalistes qui ont mené cette enquête ainsi que la ministre de l'Intégration sociale", a expliqué M. Ducarme.

La ministre de l'Intégration sociale, Karine Lalieux (PS), a essuyé jeudi un feu nourri de questions à la Chambre à propos du CPAS d'Anderlecht. Signe de la nouvelle majorité qui se met en place, elle n'a guère reçu de soutien sur les bancs parlementaires, pas même des socialistes flamands de Vooruit.

La ministre a condamné les irrégularités mises au jour mardi soir par un reportage de la VRT. "Ce que nous avons vu est totalement inacceptable", a affirmé la ministre interrogée par pas moins de douze députés. "Ici, on est dans l'illégalité sociale et sans doute dans la fraude sociale", a-t-elle ajouté en marge de la séance plénière.  

Le service d'inspection du SPP Intégration sociale avait déjà pointé des manquements dans le chef du CPAS d'Anderlecht pour non-respect des délais légaux et l'insuffisance voire l'absence d'enquête sociale. Des contrôles annuels avaient été ordonnés. Ils seront désormais systématiques, c'est-à-dire porteront sur toutes les décisions d'octroi du RIS et non sur des échantillons.  

Très décevant  

La ministre reviendra la semaine prochaine en commission des Affaires sociales pour donner plus de détails sur cette affaire. Sa réponse est loin d'avoir satisfait tous les députés, notamment chez Vooruit. "Très décevant", a jugé Anja Vanroabeys. "Vous menez des contrôles seulement après le reportage. C'est inacceptable pour nous. Chaque socialiste devrait être furieux. Si on veut donner les arguments aux partis de droite pour démanteler la solidarité, il n'y a qu'à continuer de cette manière".  

À droite, le ton était particulièrement virulent. "C'est choquant, révoltant, il s'agit de l'argent du contribuable, et c'est d'autant plus choquant que l'aide sociale ne va pas à ceux qui en ont besoin", a affirmé Florence Reuter (MR). Vincent Van Quickenborne (Open Vld) n'a pas épargné son ex-collègue du gouvernement De Croo en dénonçant ce qui lui apparaît comme le "clientélisme" du PS. Fait rare, un président de parti a posé une question en séance plénière, en l'occurrence Sammy Mahdi (CD&V). "Comment allons-nous faire pour mettre un terme au clientélisme de la gestion du PS? ", a-t-il lancé. Et d'avertir: "Je ne veux plus entendre le PS venir nous parler de détricotage social".

 

 

 

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