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Pour Céline, maman d'un enfant intolérant au lactose, les étiquettes ne sont pas claires: comment les allergènes doivent-ils être mentionnés?

Céline, maman d'un garçon de 9 ans, a appris que son enfant est intolérant au lactose. Depuis près de 2 ans, l'habitante d'Herstal, en province de Liège, met tout en oeuvre pour éviter certains produits. Mais en effectuant régulièrement des recherches sur différents sites internet, elle confie ne pas toujours y voir clair dans les informations publiées.

L'Herstalienne s'étonne du nombre d'aliments qui contiennent du lactose. "L'intolérance de mon fils évolue de plus en plus. Il a été malade de nombreuses fois et a dû s’absenter à l’école. C’est en faisant des recherches que je m’aperçois qu’il y a du lactose caché dans un très grand nombre d’aliments. Il faut lire les étiquettes trois fois. Pour les antioxydants ainsi que les arômes naturels, qui peuvent contenir du lactose, rien n’est signifié. Est-ce légal ?", s'interroge-t-elle.

Céline se pose également des questions sur le signalement de la présence d'allergènes sur les étiquettes des aliments. 

"Je ne suis pas diététicienne. Je me trompe parfois et c’est mon fils qui subit mes erreurs. N'est-il pas obligatoire que tous les allergènes soient signalés ? Je suis certaine que d’autres parents sont dans le même cas. Même les charcuteries certifiées sans lactose dans certaines grandes surfaces contiennent un astérisque. Il faut donc aller voir en bas de l’étiquette pour se rendre compte que cela n’est pas tout à fait exact", constate-t-elle.

La maman nous donne quelques exemples qui illustrent ses propos: "Il faut faire attention car cela n’est pas une tranche de jambon qui va poser problème, mais c’est l’accumulation sur la journée. S’il mange des biscuits à l’école, ainsi que du jambon, puis que je cuis du hachis à la margarine, cela va le rendre malade". 

Comment dénicher efficacement le lactose "caché" ? 

Comme le rappelle le SPF Santé Publique, les allergènes utilisés dans la fabrication d’un produit doivent toujours être mentionnés dans l’étiquetage. 

Pour les denrées préemballées, les allergènes doivent être mentionnés dans la liste des ingrédients. "Avec une indication claire de l’allergène en question (certains noms très clairs sont suffisants, par exemple, ‘beurre’ ou ‘crème’ est suffisant pour faire référence au lait ; ou ‘crevette’ pour les crustacés). Le nom de l’allergène doit par ailleurs être mis en évidence de manière à se distinguer clairement du reste de la liste des ingrédients, par exemple en les inscrivant en gras, en couleur ou en majuscules. Lorsque l’étiquette ne comprend pas de liste d’ingrédients, on utilise alors la mention "contient" suivie des allergènes", précise Jean Pottier, expert en réglementation sur l'étiquetage des aliments.

Pour les denrées alimentaires non préemballées (y compris dans les restaurants), la présence des allergènes doit toujours pouvoir être donnée. "Mais cela peut être fait oralement si une série de conditions sont remplies : il faut notamment qu’un membre du personnel de l’établissement soit présent en permanence pour informer le consommateur", ajoute Jean Pottier.

"Si ce n’est pas le cas, comme par exemple dans le libre-service où un vendeur n’est pas présent à proximité, l’information sur les allergènes doit alors être disponible par écrit. Cela peut se faire soit en affichant l’information de manière clairement apparente, ou en indiquant au consommateur l’endroit où il pourra obtenir la bonne information (par exemple un registre disponible sur le comptoir)". 

>En savoir plus sur la déclaration des allergènes 

Qu’en est-il de la présence d’allergènes dans les anti-oxydants et les arômes naturels ? Faut-il le mentionner ? 

"Oui, les 14 allergènes présents doivent toujours être mentionnés de manière claire, même s’ils sont présents dans d’autres ingrédients, qui pourraient ne pas être repris dans la liste des ingrédients, ou mentionnés sous un nom clair, s’ils n’étaient pas considérés comme allergènes", indique Jean Pottier.

Qu’en est-il des produits certifiés sans lactose qui contiennent un astérisque, obligeant le consommateur à aller en bas de l’étiquette pour se rendre compte que cela n’est pas tout à fait exact ? Est-ce légal ? 

L’utilisation de la mention "sans lactose" n’est pour le moment réglementée que dans le cas des préparations pour nourrissons et les laits de suite. "Selon cette réglementation, l’allégation 'sans lactose' ne peut être utilisée que si le produit final ne dépasse pas 2,5 mg de lactose par 100 kJ (ou 10 mg/100 kcal)", précise l'expert du SPF Santé Publique. "En l’absence de dispositions plus générales, le même critère doit être respecté pour toutes les denrées alimentaires. Un produit étiqueté comme ‘sans lactose’ peut donc contenir des infimes quantités de lactose, mais qui ne posent pas de problème pour la majorité des personnes intolérantes au lactose".  

Le contrôle de ces dispositions est par ailleurs la compétence de l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire). 

Si le fabricant ne mentionne pas la présence d’allergène sur l’étiquette du produit, que peut entreprendre le consommateur ?

Aline Van Den Broeck, la porte-parole de l'AFSCA, répond: "Ce qu’on conseille vivement au consommateur est de porter plainte à l’AFSCA. Nous avons un point de contact et nous sommes joignables par téléphone et par mail. Chaque plainte d’un consommateur qui nous est adressée est suivie d’une enquête sur le terrain. Et il pourrait aussi y avoir une analyse de produit pour vérifier la présence de cet allergène. On fera une analyse de risques pour savoir si la présence de cet allergène présente un danger pour le consommateur. Si oui, on prendra les mesures appropriées".  

Comment se déroule une enquête ?

"Soit le consommateur a encore le produit chez lui. Soit il nous indique où il l’a acheté", indique Aline Van Den Broeck.

"On va alors sur place et on va vérifier l’étiquetage apposé sur ce produit. On effectue ensuite une analyse du produit, car il n’est pas toujours possible de détecter la présence de l’allergène à l’œil nu. S’il y en un, on vérifie s’il y a danger pour la santé d’une personne allergique. Si ça se vérifie, on demandera au fabriquant de procéder à un avertissement en rédigeant un communiqué de presse qu’il va diffuser. Nous allons aussi le relayer sur notre site web ou sur nos réseaux sociaux pour avertir les consommateurs allergiques, que tel produit contient tel allergène, et qu’il y a un problème dans l’étiquetage du produit".  

Si le fabriquant ne prend pas ses responsabilités, en veillant à ce que l’étiquetage soit conforme, il s’expose à une sanction comme par exemple une amende.

Quel est le nombre d’infractions sur l’année 2023 ?

Aline Van Den Broeck explique que pour les denrées préemballées (emballage et étiquetage), l'AFSCA effectue des contrôles tout au long de l’année dans les supermarchés et dans de plus petits points de vente. "Un élément de la liste qu’on vérifie en allant sur place, est l’étiquetage. Ce n’est pas que les allergènes. C’est aussi le bon usage de langue, la bonne date,…", explique la porte-parole. "Le résultat est qu’il y a un peu plus de 24% des contrôles d’étiquetage qui ne sont pas conformes. On a donc dans ces cas-là décelé un problème dans l’étiquetage. Pas nécessairement en termes d’allergène". 

Pour les denrées vendues dans le secteur Horeca ou dans les cuisines de collectivités, là aussi, les opérateurs doivent pouvoir dire aux clients ce que contiennent les plats. "Et pour cela, on était à un peu plus de 63% de contrôles conformes", ajoute Aline Van Den Broeck.

Et de conclure: "Il y a une marge de progression puisque dans un peu plus de 35% des cas, on a constaté que l’information n’était pas nécessairement bien donnée ou pas assez rapidement. La mention "trace de…" sur l'étiquette n’est pas négligeable car, dans la législation, à part pour l’allergène du sulfite, on ne prévoit pas de niveau en-deçà duquel il n’y a pas de danger pour le consommateur allergique. Donc, dès le moment où il y aurait une trace, si vous êtes allergique, il faut en tenir compte." 

Pour l'étiquetage, voici la liste des 14 ingrédients considérés comme des "allergènes"

1. Céréales contenant du gluten, à savoir blé (comme épeautre et blé de Khorasan), seigle, orge, avoine ou leurs souches hybridées, et produits à base de ces céréales
2. Crustacés et produits à base de crustacés.
3. Œufs et produits à base d’œufs.
4. Poissons et produits à base de poissons
5. Arachides et produits à base d’arachides
6. Soja et produits à base de soja, 
7. Lait et produits à base de lait (y compris le lactose)
8. Fruits à coque, à savoir: amandes (Amygdalus communis L.), noisettes (Corylus avellana), noix (Juglans regia), noix de cajou (Anacardium occidentale), noix de pécan [Carya illinoinensis (Wangenh.) K. Koch], noix du Brésil (Bertholletia excelsa), pistaches (Pistacia vera), noix de Macadamia ou du Queensland (Macadamia ternifolia), et produits à base de ces fruits
9. Céleri et produits à base de céleri
10. Moutarde et produits à base de moutarde
11. Graines de sésame et produits à base de graines de sésame
12. Anhydride sulfureux et sulfites en concentrations de plus de 10 mg/kg ou 10 mg/litre en termes de SO2 total pour les produits proposés prêts à consommer ou reconstitués conformément aux instructions du fabricant
13. Lupin et produits à base de lupin
14. Mollusques et produits à base de mollusques

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Commentaires

1 commentaire

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  • Encore une fois, les autorités se retranchent derrière l'énoncé de directives tellement longues et complexes que personne ne les lit, mais elles sont incapables d'exercer un contrôle efficace.

    roger rabbit
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