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Après une éclipse de dix ans, l'Anglo-Nigériane à la voix de velours Sade rayonne sur "Soldier of Love", un album suave et mélancolique, où la star donne des leçons d'élégance aux jeunes prétendantes au titre de reine du R'n'B qui ont envahi les ondes en son absence.
Signe de l'importance de cette sortie pour la maison de disques Sony, un seul jour d'écoute était prévu pour les journalistes français, l'album est arrivé de Londres le matin et reparti pour le Royaume-Uni le soir-même.
Sade, de son vrai nom Helen Folasade Adu, sait se faire rare. Née au Nigeria, cette fille d'un universitaire nigérian et d'une infirmière anglaise, n'avait plus enregistré depuis "Lover's Rock" en 2000.
Pour expliquer sa longue absence, elle dit s'être consacrée à sa famille et en particulier à sa fille de 13 ans, Ila, qui chante sur un des titres de l'album "Babyfather".
Etudiante à la prestigieuse St Martin's School of Art de Londres, Sade se destinait à une carrière dans la mode quand elle a été entraînée dans la musique par deux amis, avant de devenir une des plus grandes stars de la soul des années 80 et 90, avec des tubes comme "Smooth operator" ou "The sweetest taboo".
Elle a vendu plus de 50 millions de disques en 27 ans de carrière et seulement six albums.
"Je ne fais des disques que lorsque je sens que j'ai quelque chose à dire. Publier de la musique juste pour avoir quelque chose à vendre ne m'intéresse pas. Sade n'est pas une marque", dit-elle, dans une courte interview fournie par sa maison de disques.
Car après avoir fait la couverture des magazines du monde entier pendant toutes les années 80, Sade s'est retirée dans la campagne anglaise et n'accorde que de très rares entretiens à la presse.
A ceux qui se demanderaient à quoi ressemble la star qui vient de fêter ses 51 ans, Sade répond d'ailleurs par une pirouette : c'est de dos qu'elle apparaît sur la pochette de son nouvel album.
Avec "Soldier of Love", qu'elle a elle-même produit et dont elle cosigne la plupart des chansons, Sade signe un retour convaincant. Le disque a été enregistré en 2008 et 2009 dans le studio anglais de Peter Gabriel, avec Stuart Matthewman et Andrew Hale, ses complices depuis 1983.
Dès les premières notes, l'auditeur retrouve sa voix de velours, chaude et sensuelle, qui n'a pas changé et autour de laquelle sont construites les dix chansons qui composent l'album.
Les arrangements soul-jazz, langoureux et dépouillés, et l'ambiance doucement mélancolique rappellent les meilleurs moments de la chanteuse des années 80 et 90.
"Je ne broie pas du noir, mais j'ai une tendance à la mélancolie. Je pense que si on traite bien de la tristesse, cela peut conduire au bonheur. Cela vous purge et vous permet de la laisser derrière vous", estime-t-elle.
Par moments, des guitares hispanisantes, des rythmes caribéens ou des percussions plus présentes, comme les roulements de tambours martials du single "Soldier of Love", viennent ajouter une touche de modernité.
Mais la grande réussite de l'album vient du fait que Sade parvient à garder sa patte originale.
